Comment le CHU de Tours fait des économies d’énergies

Ce jeudi le gouvernement présente son plan de sobriété énergétique, soit les mesures envisagées pour économiser au maximum une énergie aux prix galopants (que ce soit l’électricité, le gaz ou le pétrole). Sans attendre, plusieurs acteurs aux factures astronomiques ont déjà entrepris de prendre des mesures, notamment des sociétés dont les contrats ont été renégociés au prix fort. Deux solutions principales : diminuer la consommation ou engager des travaux qui permettent de réduire les besoins.

Plus gros employeur du département avec 10 000 salariés et des centaines de personnes accueillies chaque jour dans ses services, le CHU de Tours est naturellement très gourmand en énergie. Ainsi, l’an dernier, il a utilisé 43 millions de kw/h d’électricité (contre 50 millions il y a 10 ans) soit une facture de 4,7 millions d’€. A cela, il faut ajouter 4 millions d’€ pour le chauffage. Des coûts amenés à progresser (le contrat pour l’électricité est en cours de négociation, et la direction espère un geste de l’Etat pour éviter son explosion).

Cela dit, avant même la crise des derniers mois l’établissement a entrepris une mutation avec le raccordement du site de Bretonneau à la nouvelle chaufferie au bois de Tours-Ouest, de quoi diminuer de 40% ses émissions en CO2 selon la direction. « En 2018 nous utilisions 50 millions de kw/h de gaz, on est passé à 25 millions en 2021 » explique le directeur des services techniques et du patrimoine Ivy Mouchel. D’ici 3 ans, Trousseau sera raccordé à une autre chaufferie pour diminuer de 60% ses rejets (à cela s’ajoute la construction du nouvel hôpital chambraisien, normalement moins énergivore que les bâtiments actuels).

En parallèle, le CHU indique mener un chantier « qui doit permettre l’abaissement de température du réseau de chauffage, grâce à la mise en place de vannes de régulation sur les distributions de chauffage primaire du site de Bretonneau. » L’objectif est de réguler la température selon les besoins, et notamment de ne pas surchauffer certains secteurs. Les bureaux seront donc limités à 19° et 17 la nuit « mais pour les locaux de soins le minimum légal c’est 21° car on a des gens pas très actifs, âgés et peu habillés » explique Ivy Mouchel. Il y est par ailleurs interdit d’éteindre la lumière dans les couloirs pour des raisons de sécurité incendie même si ça consomme beaucoup.

Alors, pour faire des économies d’énergie autant que réduire ses émissions polluantes, l’hôpital fait avec les moyens du bord : passage à l’éclairage LED, travaux sur les vitesses de circulation d’air dans les chambres de réanimation, surveillance des fuites potentielles… « On ne se rend pas compte de tout ce que peuvent consommer nos pompes » souligne le directeur technique.

Des actions également à la blanchisserie, la grande machine à laver de l’hôpital « avec l’installation d’un échangeur thermique au niveau des eaux de rejets qui a permis de réchauffer l’eau neuve du réseau par la circulation des eaux chaudes du lavage. Le gain de calories est d’environ 15°C » nous dit-on. Le chantier de l’hôpital Trousseau sera lui étudié de près, pas spécifiquement pour des économies d’électricité mais aussi pour ne pas perturber la faune, en particulier les oiseaux qui traversent le site.

Olivier Collet

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