dimanche 29 janvier, 2023

Grand banquet musical pour que tout le monde ait un toit

Ce mercredi soir, plus de 100 personnes se sont réunies avec du couscous et au son de La Vaginale.

Il ne faisait pas vraiment un temps à manger « en terrasse » et pourtant : tables prêtées par la mairie dressées sur le parvis de la gare, un barbecue géant pour faire griller les saucisses, du rosé, quelques pancartes et les étudiants en médecine de la fanfare La Vaginale… Voici les ingrédients d’un grand souper en plein air initié par l’Entr’Aide Ouvrière de Tours, deux ans après sa nuit solidaire de la Place de la Préfecture. Ce mercredi soir, une quinzaine d’associations se sont retrouvées pour le servir. Au menu : du couscous pour les personnes démunies et les passants, un mix de personnalités afin de sensibiliser aux difficultés sur l’hébergement d’urgence en Tourainre.

Armés d’une pétition, les bénévoles se battent pour une chose simple : obtenir un rendez-vous en préfecture avec tous les acteurs de l’aide d’urgence afin de voir ce qu’il est possible de faire pour les personnes menacées de se retrouver à la rue à la fin de la trève hivernale, le 31 mars. Si des réunions ont déjà lieu régulièrement avec les services de l’Etat en Indre-et-Loire et les associations de terrain (tous s’accordent d’ailleurs à dire que les relations sont bonnes entre les deux partis), il n’y en a pas eu depuis un bon moment et surtout elles n’avaient pas pour objet le manque de logements observé lorsque les températures sont plus clémentes.

Un bus de Tourangeaux pour manifester à Paris ce jeudi

« On ne peut plus continuer comme ça, il faut trouver d’autres solutions » avertit Jean-Paul Mercier, administrateur de l’Entr’Aide Ouvrière. « Actuellement, les 500 places dédiées à l’hébergement d’urgence sont toutes occupées. Nous avons dû ouvrir une salle de réunion pour loger une quinzaine de personnes sur des lits de camp ». Et même si un gymnase Tourangeau a été réquisitionné par la préfecture la semaine dernière pour loger 32 personnes, « il fermera dimanche et on aura de nouveau des appels au 115 que l’on ne pourra pas satisfaire » déplore la présidente de l’associaion, Marie-Paul Legras-Froment. Elle compare la situation à celle d’un hôpital « dont on aurait construit le service d’urgence sans y ajouter les soins de longue durée ».

Concrètement, le 31 mars, autour de 115 personnes risquent de se retrouver sans toit en Touraine. Un chiffre qui ne baisse pas d’année en année « et on a même de plus en plus de femmes avec des enfants à aider » précise Marie-Paul Legras-Froment; Sa crainte : se retrouver de nouveau avec 80 à 100 apels au 115 en plein été, un pic inhabituel mais face auquel l’association qui gère le standard ne peut rien faire.

>>> Marie-Paul Legras-Froment, présidente de l’Entr’Aide Ouvrière à Tours <<<

Autre épine dans le pied : un foyer de St-Pierre-des-Corps, géré par l’Adoma et hébergeant 70 personnes, sera bientôt réquisitionné par la filiale de la SNCF qui en est propriétaire, ce qui fera autant de personnes à reloger. L’Entr’Aide Ouvrière et ses partenaires (Chértiens Migrants, Croix Rouge, CIMADE…) lancent donc un appel, notamment auprès des bailleurs sociaux – et même auprès des propriétaires privés – afin de trouver des appartements non occupés « qui existent » selon eux et dans lequels des SDF pourraient trouver refuge moyennant « l’invention de garanties pour le paiement des loyers ».

Le problème est donc à la fois financier et administratif. Pour la partiepécunière, même si les crédits ont augmenté, les associations déplorent l’écart gigantesque entre l’enveloppe du Loiret (800 000€) et celle de l’Indre-et-Loire (200 000€) sous-entendant qu’il y a peut-être une répartition pas toujours justifiée… Sauf que le rendez-vous réclamé au préfet de région d’Orléans pour aborder le sujet ne leur a pas été accordé. Ils espèrent donc trouver une oreille auprès du préfet Delage mais aussi du maire de Tours qui a promis de les recevoir sous peu (pour proposer des solutions de logement ?). En attendant, ce jeudi, une cinquantaine de personnes (SDF, bénévoles, salariés associatifs…) partent en bus pour une grande manifestation parisienne visant à obtenir de nouvelles mesures pour l’hébergement d’urgence. Et si rien de bouge ? « On aura d’autres idées » conclut la présidente Legras-Froment.

Découvrez les photos de la soirée :

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