mardi 27 septembre, 2022

Évincée des régionales, Sophie Auconie dénonce « une vendetta »

L’élue UDI du conseil municipal de Tours se révolte contre une décision qu’elle compare à un règlement de comptes.

Vendredi, elle était belle la photo de l’unité de la droite et du centre sous le Soleil des bords de Loire, à un mois des élections régionales. Mais en coulisses c’est un peu Dallas ou Les Feux de l’Amour selon les références. En l’espace d’un mois, il y a quand même eu deux personnalités tourangelles évincées du décor avec pertes et fracas, c’est-à-dire avec nombre d’articles agacés dans les médias (ce qui n’est jamais vraiment très bon quand on est en campagne). Thibault Coulon d’abord, élu des Républicains, conseiller régional sortant mais à qui l’on a préféré Jacques Chevtchenko, 1er adjoint de Tours, qui affirme pourtant ne rien avoir demandé à personne (présenté comme UDI, il ne serait d’ailleurs même pas encarté). Evidemment remonté, Mr Coulon avait alors espéré un temps un revirement avant de se faire rapidement une raison. Aujourd’hui, c’est Sophie Auconie qui subit le même sort.

Dans le microcosme politique, sa présence sur la liste a fait parler pendant de nombreuses semaines. A chaque fois qu’on lui en parlait, elle expliquait que c’était bon, que les instances nationales avaient dit oui… La semaine dernière, en réponse à un indiscret la disant hors-course, elle avait même publié un communiqué de presse pour affirmer qu’elle était en position N°7 sur la liste. Une manoeuvre qui selon nos informations l’a disqualifiée puisque 72h plus tard, son nom ne figurait nulle part. « Je l’ai appris par un collaborateur de Philippe Vigier. Je suis affligée, je ne comprends pas cette vendetta » souligne aujourd’hui une Sophie Auconie affectée qui défend bec et ongle sa présence continue sur le terrain, son passé de députée européenne (« les gens me connaissent à Tours, j’ai fait 15% aux élections l’an dernier quand l’UMP en a fait 19 ») et son énergie pour battre la campagne.

« On évince les personnes bosseuses et engagées » regrette aujourd’hui l’élue tourangelle qui fait ainsi un parallèle avec le sort réservé à Thibault Coulon. Comment l’explique-t-elle ? « Lors des élections pour la présidence de l’UDI je soutenais Jean-Christophe Lagarde alors que Philippe Vigier faisait campagne pour Hervé Morin. » Et ce serait tout ? « Il y a une volonté de la part de certains politiques locaux de m’évincer » ajoute-t-elle sans dire de nom. C’est vrai qu’on ne lui connait pas que des amis dont la députée Les Républicains Claude Greff (N°1 de cette fameuse liste) ou Xavier Dateu, issu lui de son propre parti l’UDI.

Depuis la révélation de son absence, Sophie Auconie affirme pourtant avoir reçu quantité de mails et de SMS : « je suis en train de les imprimer, on va voir ce que l’on va en faire. Serge Babary m’a notamment témoigné de son soutien en me disant que je serais une excellente ambassadrice pour la ville. » Si le maire de Tours a réussi à placer son 1er adjoint en 4ème position, il n’a semble-t-il pas aassez insisté pour avoir deux représentants de sa commune en position éligible.

« J’attends qu’on m’appelle… » soupire désormais Sophie Auconie qui sait bien qu’elle n’a qu’une semaine avant que le dépôt des listes soit achevé en préfecture. Elle a donc saisi – par le biais du président du parti Jean-Christophe Lagarde – une commission nationale de l’arbitrage et de la transparence qui va devoir statuer sacrément vite pour trouver une solution sans faire plus d’esclandres. « J’exprime juste mon désespoir face à cette façon de faire de la politique. Ce n’est pas ce que veulent les électeurs » dit Sophie Auconie qui ne va tout de même pas aller jusqu’à conseiller de ne pas voter pour cette liste. Mais a-t-elle vraiment une chance d’être réintégrée ? D’autant plus après ces dernières déclarations ? Ce serait surprenant de la voir demain s’afficher aux côtés de Philippe Vigier dans le même hémicyle orléanais après avoir lu tout ça. Ce ne serait pas gage de sérennité. A moins que ce ne soit la loi de la politique : faire semblant jusqu’à ce que la goutte d’eau fasse déborder le vase.

Olivier COLLET

 

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