mercredi 7 décembre, 2022
  • Ligue contre le cancer

Parkinson sur Loire : un Tourangeau remonte le fleuve pour financer la recherche

Guillaume Brachet a 33 ans et il est atteint de la maladie de Parkinson. A cet âge ce n’est pas du tout commun car c’est généralement une pathologie qui débute à la soixantaine. Mais il y a des exceptions. Peut-être aussi un espoir de ralentir l’effet des symptômes grâce à de nouveaux traitements. Le Tourangeau travaille dessus mais il a besoin de fonds. A partir de ce mercredi 5 octobre il entreprend donc une remontée de la Loire en kayak depuis son estuaire jusqu’à Roanne afin de raconter son histoire et financer ses recherches. Nous l’avons rencontré.

 

Pouvez-vous expliquer l’origine de ce défi ?

Après des tentatives de négociation avec des labos, mon projet de recherche était encore un peu précoce. Je devais le porter plus loin, chercher des sous pour faire de nouvelles manipulations et étayer le brevet. Seul ça me paraissait compliqué, un défi sportif semblait dibc la meilleure solution. J’ai commencé par imaginer un Iron Man mais ne sachant pas courir un marathon ni faire 180km de vélo je me suis dit que ce serait vite limitant. Le kayak s’est alors imposé : c’est un sport que je pratique depuis une dizaine d’années. Quant au fait de remonter le courant c’est devenu une évidence par rapport à la lutte contre les symptômes de la maladie où quand on n’est pas en train de faire du sport on régresse assez rapidement avec des raideurs ou des lenteurs de mouvements.

Où en êtes-vous avec la maladie ?

Elle a été diagnostiquée il y a trois ans et demi sur des symptômes légers (tremblements et ralentissements moteurs). Le traitement n’a rien bougé donc il y a une vraie raison de faire du sport en continu et des activités qui permettent de désynchroniser les mains comme la musique ou le chant. Pratiquées de façon régulière ça aide vraiment dans le contrôle des symptômes.

Il est vrai que la maladie de Parkinson à 30 ans on ne l’imagine pas du tout…

Même les prestataires en sont assez étonnés. Les patients jeunes représentent une faible proportion mais ce sont ceux qui sont le plus autonomes, les plus à même de faire du sport même si, en étant actifs, il faut trouver comment l’intégrer dans sa vie professionnelle et personnelle. Mais ça fait clairement partie du traitement. Après, les solutions curatives sont inexistantes. On n’a pas de traitement qui permettre d’enrayer l’évolution de la maladie et c’est là-dessus que je me suis penché.

Expliquez-nous votre projet…

C’est un protocole qui a pour but de ralentir la progression de Parkinson en luttant contre ce qui se passe dans les cellules qui meurent. Il y a des arguments scientifiques qui expliquent pourquoi les déchets s’accumulent dans ces cellules ce qui permet d’entrevoir des possibilités de traitement qui pourrait à la fois permettre de regagner certains neurones morts et empêcher les survivants de s’éteindre.

Qu’est-ce qui vous a guidé ?

Mes cours de pharmacologie d’il y a une dizaine d’années qui sont remontés à la surface à la lecture d’un papier scientifique en me disant « mais c’est évident, c’est ça qu’il faut faire ».

Dans le meilleur des cas, quand est-ce que ça pourrait aboutir ?

Si tout se passe bien et que le traitement montre des signes d’efficacité assez rapidement on peut espérer une mise sur le marché avant 2030.

Comment vous ressentez l’intérêt autour de votre projet ?

Inattendu. J’ai un passif de vulgarisateur scientifique et j’ai l’habitude de communiquer autour des vaccins, du Covid… Des choses clivantes en terme d’accueil par le public. J’ai souvent été houspillé et bousculé au point de porter plainte contre une association en 2018. Mais depuis quelques semaines j’ai des appels d’encouragements, des propositions d’aide, des offres d’hébergement, des gens qui me sponsorisent. C’est très rassurant sur la nature humaine et ça galvanise.

 

Pour suivre Guillaume Brachet ça se passe sur le site http://parkinsonsurloire.fr. Il part ce 5 octobre de Loire-Atlantique et sera en Touraine à partir du 14 octobre avec une arrivée à Langeais, il assurera l’étape Langeais-Tours le 20 et Tours-Blois le 25.

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