jeudi 1 décembre, 2022

[Face à face] Relations difficiles entre la ville de Tours et les livreurs

[Face à face] c’est la rubrique d’Info Tours dédiés aux sujets qui font polémique. On vous donne les différents points de vue sur la question, et à vous de vous faire votre opinion.

 

Lundi 3 octobre, le groupe d’opposition Les Démocrates profitait du conseil municipal de rentrée de la ville de Tours pour dénoncer « l’acharnement » de la police municipale sur les livreurs mal garés. En effet, depuis quelques mois, la mairie a choisi de mettre en place la vidéoverbalisation dans certains quartiers, c’est-à-dire qu’elle utilise les caméras de surveillance pour sanctionner les véhicules garés sans raison sur des places dédiées aux personnes handicapées ou sur les trottoirs mais aussi stationnés en dehors des horaires de livraison.

Critiquée dès sa mise en place, la mesure a du mal à être acceptée. Pour preuve, ce mail reçu de Jean-Marie Hellouvry :

« Nous sommes une société de livraison. Nous travaillons comme sous-traitant pour Fedex, Chronopost, et DPD. Depuis 1 an la ville de Tours fait la guerre aux livreurs. Nous ne pouvons plus exercer notre métier sereinement. Les amendes pleuvent. Nous en avons reçu jusqu’à 2 000 euros par mois pendant les travaux Place du Grand Marché. Nos chauffeurs ne veulent plus travailler car nous sommes obligés de « denoncer » (dévoiler leur identité sous peine d’une forte amende pour la société, ndlr). C’est déjà un métier difficile. Lorsque l’on gagne 1 500 euros, ce n’est pas facile de payer 135 euros d’amende… »

Précisant assurer 1 000 livraisons quotidiennes, l’entrepreneur indique également que ses différents contacts avec la mairie n’ont pas permis de trouver une solution convenable à ses yeux.

En face, la ville reste ferme. « On ne mène pas la guerre aux livreurs mais leur modèle n’est pas soutenable » réagit Philippe Geiger, adjoint au maire en charge de la tranquillité publique. Selon lui, quoi qu’il arrive les véhicules livrant des colis n’ont pas à stationner de façon anarchique en dehors des horaires de livraisons : « Pensons aux piétons. Ce sont eux les premières victimes des livreurs » dit-il, dénonçant les tarifs pratiqués par les géants du secteur :

« On ne peut pas livrer n’importe où n’importe comment ni obliger à s’adapter aux modèles low cost. Une livraison facturée 3€ ce n’est pas assez cher, il faut le dire. La bonne solution serait d’arrêter les livraisons systématiques en une heure, 2h ou le lendemain. J’ai vécu sans ça pendant 50 ans et ça se passait très bien. »

Se disant conscient des difficultés de l’entrepreneur, Philippe Geiger propose néanmoins d’élargir les horaires de livraisons dans certains quartiers. Et donne au passage un conseil surprenant : « Les livreurs peuvent s’arrêter sur la route comme en Allemagne. Cela crée un embouteillage mais cela pénalise les transports motorisés, pas les piétons. Et cela encourage le livreur à aller vite. » Pourquoi pas ? Avec néanmoins le risque que les suiveurs impatients adoptent des comportements contraires au code de la route (doubler sans visibilité ou en traversant des lignes blanches) ce qui serait susceptible d’entraîner des accidents.

Olivier Collet

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