samedi 28 janvier, 2023

Nuit de l’Orientation à Tours – 3 influenceurs invités au Vinci car « c’est un vrai métier »

Ce jeudi dès 17h, rendez-vous au Palais des Congrès Vinci de Tours pour une nouvelle édition de la Nuit de l’Orientation. Pendant 4h, on pourra découvrir des dizaines de métiers, s’informer sur les études nécessaires pour les exercer, les rémunérations qu’on peut en espérer… Un journaliste d’Info Tours et 37 degrés sera notamment présent. Et pour la première fois, la CCI Touraine a invité trois influenceurs : Dorian Tudeau (Le Coin du Pâtissier), Emile Coddens (@le.vigneron) et Emmy Alexandre (@emmyzapartca). L’occasion de présenter un (nouveau) métier très exposé mais pas forcément bien compris. On en a donc discuté en amont avec Emmy qui vient de quitter son CDI pour se consacrer pleinement à son compte Instagram et à l’écriture d’un guide touristique sur la Touraine…

 

Qu’est-ce que ça représente pour toi d’être invitée cet événement ?

Ça me fait plaisir parce que ça montre que le métier commence à être inclus dans les esprits. C’est un vrai métier parce ça m’occupe toute la semaine, et même le week-end. C’est un vrai métier parce que j’ai des clients, des gens qui ont besoin de moi pour avoir de la visibilité. Et comme ça mène à des projets concrets, pour moi, c’est la vraie vie.

Néanmoins c’est un job qui parait assez flou…

Complètement. Moi j’ai fait des études d’histoire de l’art, conservation et restauration du patrimoine/ J’avais un travail dans la communication qui m’a amenée un peu vers l’influence mais c’est vrai que souvent on se forme aux réseaux sociaux soi-même, par envie et par goût. Ce que je veux montrer c’est qu’influenceur ce n’est pas un but mais un moyen pour mettre en avant ce qui nous plait. Pour moi ma région, des commerçants, le patrimoine. Je me sers de mon compte Instagram pour le faire mais mon but n’était pas d’être influenceuse. Il y a 5 ans je ne me suis jamais dit ça, je ne savais même pas ce que c’était.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui je suis influenceuse et j’en suis ravie mais je ne pense pas que je le resterai toute ma vie. Si Instagram meurt un jour, je ferai autre chose.

A quoi faut-il faire attention si on veut se lancer ?

Déjà comment on s’entoure. Je suis parfois contactée par des marques qui proposent des produits pas du tout recommandables contre une belle somme si on en parle. Il faut savoir faire le tri. On ne peut pas faire les choses pour de l’argent quand on a une communauté derrière : ma communauté me fait confiance et c’est grâce à cette confiance que j’en suis là aujourd’hui donc si je la perds, je perds aussi mon métier.

Cela nécessite de la rigueur…

La législation impose d’indiquer quand un contenu est rémunéré donc je le fais. Mais il a fallu que je fasse des erreurs pour me rendre compte que, oui, ce n’est dans une storie sur trois qu’il faut préciser que c’est une collaboration : il faut le mettre à chaque fois. Maintenant je le fais. Par ailleurs je parle beaucoup de gastronomie, de vin, d’œnotourisme. Il y a la loi Evin qui encadre tout ça et qui est très contraignante. Au début j’envoyais des photos à des marques sans les codes donc je m’y reprenais 4-5-6 fois. Maintenant la première photo est souvent réussie et correspond à ce que la loi veut. Heureusement que les agences sont là aussi pour nous encadrer.

Pour toi c’est quoi être une influenceuse sérieuse ?

Avoir une ligne éditoriale claire et rester dans ses thèmes. C’est important de parler de choses qu’on connait, par exemple pour moi de par ma formation et mon ancien métier.

Ce vendredi le ministère de l’économie organise une table ronde autour de ton métier. Tu penses qu’il manque des choses dans la législation actuelle ?

Oui. Il y a encore beaucoup de personnes qui ne précisent pas quand un contenu est rémunéré. Et puis après il y a la question des produits offerts : tout n’est pas rémunéré mais certains produits sont donnés en cadeau et on en parle. Sur ce point il n’y a pas de loi alors qu’est-ce qu’on fait ? On précise à chaque fois ? Il faudrait trancher pour éviter les dérives, ou que les très jeunes personnes se fassent avoir. On a plein d’histoires de jeunes victimes de dropshipping, des objets achetés 1 ou 2€ mais revendus 20 ou 30€. Malheureusement c’est très répandu pour une certaine catégorie d’influenceurs. On m’en a proposé mais j’ai dit non à chaque fois. Par exemple en faisant une recherche image sur Google je trouvais le bijou sur 10 000 pages Internet… Grâce à ça je ne me suis pas faite avoir.

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