samedi 28 janvier, 2023

Droit de réponse de l’UPR suite à notre article du 2 mars dernier

Le parti des candidats se présentant à Joué-lès-Tours entend clarifier certaines choses. Nous aussi.

Depuis le début de la campagne des élections départementales, l’UPR – présent sur un seul des 19 cantons d’Indre-et-Loire, à Joué-lès-Tours – est sans doute l’un de ceux qui nous a transmis le plus de communiqués de presse. Au nom de l’équité, nous avons consacré un article à leur candidature le 2 mars dernier… et il n’a pas plu. Enfin, une phrase n’a pas plu : « on est quand même pas loin de l’argumentaire du FN » écrivions-nous après une citation de l’argumentaire du mouvement qui prône la sortie de l’euro et de l’Union Européenne.

Nous avons d’abord reçu un premier mail de Kemais Marzouk – candidat titulaire – nous demandant si nous faisions partie « de la SARL Le Pen & Co » (sic) puis un autre courriel est arrivé ce mardi depuis le siège de l’UPR exigeant la publication d’un droit de réponse :

« Info-Tours s’est permis d’assimiler l’UPR à l’extrême droite en se fondant sur l’argument selon lequel l’idée de sortir de l’Union européenne et de l’euro serait une position d’extrême droite. J’attire votre attention sur le fait que le Ministère de l’Intérieur a classé les listes de l’UPR en « LDIV », c’est-à-dire en « listes diverses », non seulement aux élections européennes de l’année dernière mais encore aux présentes élections départementales. Le Ministère de l’Intérieur a donc bel et bien reconnu que les propositions de l’UPR ne sont ni de droite, ni de gauche, ni a fortiori d’extrême droite ou d’extrême gauche.

Je vous rappelle, par ailleurs, que le FN ne propose absolument pas la sortie unilatérale de l’Union européenne, ni de l’euro. Il vous suffit de prendre la profession de foi de Mme Le Pen à l’élection présidentielle de 2012 pour le constater. (…)

J’attire également votre attention sur le fait :

  • que les Suédois, qui ont refusé l’euro à 57% par référendum en 2003, ne sont pas un peuple d’extrême droite ;
  • que les Suisses, les Norvégiens et les Islandais, qui ont toujours refusé d’intégrer la prétendue « construction européenne », ne sont pas, non plus, des peuples d’extrême droite ;
  • que les 6 prix Nobel d’économie qui ont appelé l’Espagne à sortir de l’euro dès 2013, si elle veut sauvegarder son économie, ne sont pas, davantage, d’extrême droite.

Je vous informe que les 55% de Français qui ont dit « non » au traité sur la Constitution européenne en 2005 ne sont pas spécialement d’extrême droite. (…) Pensez-vous que l’obsession de notre candidat qui conduit la campagne, M. Kemais Marzouk, est de s’en prendre aux immigrés, aux musulmans, ou à je ne sais quelle catégorie de la population, comme le fait le FN ?

Je note qu’Info-Tours n’a même pas pris la peine d’interviewer nos candidats, alors qu’il s’est entretenu avec nos compétiteurs, en particulier avec le FN qui a eu droit à un article beaucoup plus détaillé que le nôtre.

Le FN est un épouvantail médiatique qui sert à neutraliser les critiques de la « construction européenne » en les associant à des positions d’extrême droite et des dérapages odieux qui n’ont rien à voir avec, et qui révulsent légitimement l’écrasante majorité des Français. En polarisant tout critique de l’Union européenne sur ce parti politique, vous en faites, en réalité, la promotion.

En vous livrant à des amalgames inacceptables à l’encontre de l’UPR, vous empêchez encore un peu plus que s’ouvre en France, enfin, un débat sérieux, serein et adulte sur la question cruciale de la sortie unilatérale de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. (…). »

 

Ainsi mis en cause, Info-Tours.fr se doit de rappeler quelques menus détails :

– Nous notons dans notre article que l’une des propositions que l’UPR met en avant dans son communiqué de presse est « proche » de l’argumentaire du FN. Pas besoin d’aller bien loin pour le vérifier. Mieux que la profession de foi de 2012 prise en exemple, allons nous balader sur le site du FN : « Nous demandons au président de la République d’organiser en janvier 2014 un référendum sur la fin de l’Union européenne par la sortie de la France. » C’est assez clair où il faut faire un dessin ?

– En effet nous n’avons pas contacté les candidats pour une interview. Comme tout micro-parti désireux d’exister dans une campagne électorale qui intéresse peu les français, nous comprenons la frustration de l’UPR et de ses 7300 adhérents au niveau national. Cependant, nous lui ferons remarquer que nous n’avons pas non plus interrogé l’UMP-UDI sur ce canton, ni le PS d’ailleurs auquel nous avons pourtant consacré un article. Ni l’ensemble des 86 binômes du département. Au passage, nous n’avons pas à justifier nos choix éditoriaux. Nous lui ferons juste remarquer que nous avons respecté une équité en terme de traitement politique, en fonction de la représentation des partis au niveau national et local.

– Nous ne doutons pas de la bonne fois de l’UPR quand il se défend d’être d’extrême droite ou raciste. Nous avons juste pointé une similitude entre une de ses propositions et le programme du Front National. S’il en veut d’autres, nous en avons : le fait de promouvoir un programme quasi exclusivement national pour cette élection départementale, ce qui est peu fréquent sur le ratio de candidats en Touraine ou encore l’obsession à ne pas être qualifié d’extrême droite (quitte à menacer les médias de poursuites judiciaires, oui oui !) ou encore l’argumentaire utilisé en tête de mail « les français ne dirigent plus leur pays ». Ce sont des ressemblances, et seulement des ressemblances. Les mots ont un sens.

Laurent Guillaumé, directeur de la publication.

Sinon, pour en savoir plus sur ce parti, Mediapart lui consacrait un billet via un blog il y a un peu plus de deux ans et vous trouverez une excellente enquête de Marianne ici.

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