dimanche 29 janvier, 2023

Les Tourangeaux accrocs au smartphone ?

A l’occasion du salon du mobile de Barcelone, analyse du marché avec un expert Tourangeau…

Parce qu’il passe plus de 35h par semaine avec des dizaines de téléphones autour de lui, François Drouet est un spécialiste du genre. Dans le milieu c’est un « petit ». Depuis un an et demi il gère la boutique Virgin Mobile de la Rue Nationale de Tours et n’a pas toujours la possibilité de s’entourer d’un salarié… Pour autant, il tourne et voit évoluer ce marché concurrentiel mais aussi très dynamique : « en moyenne on change de téléphone tous les 22 mois voire tous les 15 mois pour les plus jeunes » glisse-t-il en posant devant les derniers joujous des géants du secteur. Quand on sait que les remises offertes par les opérateurs ne sont souvent vraiment importantes qu’après deux ans de fidélité, cela signifie que nous sommes souvent prêts à dépenser cash jusqu’à 600€ pour nous rééquiper. Mais alors, qu’est ce qui fait la différence ?

La fonction « appels » ? Plus très important…

« Aujourd’hui, Samsung présente pratiquement un nouveau modèle tous les 6 mois » narre François Drouet. Et il ne se passe pas une année sans que sorte un nouvel iPhone d’Apple. Les deux leaders du secteur se tirent la bourre, se battent à coup d’innovation. Objectif : séduire l’usager, en particulier avec l’appareil photo : « c’est devenu le premier critère des clients. Ils veulent de la qualité » précise le commerçant qui constate qu’aujourd’hui « les téléphones sont devenus de très bons appareils photo compacts de poche. Ils n’auront jamais la qualité d’un bridge ou d’un réflex mais remplacent très bien un produit d’entrée de gamme. Sony a même proposé un mobile avec jusqu’à 40 millions de pixels. Pendant longtemps, les constructeurs ont fait la course, ils commencent seulement à se calmer ».

Le deuxième critère primoridal, c’est la connexion Internet et sa qualité, sa rapidité. Et ça va de pair avec la photo : « les gens veulent utiliser Snapchat ou Instagram. Aujourd’hui, ils demandent une bonne connexion web avant de s’intéresser à la fonction appel ». En clair, ils veulent un téléphone qui s’adapte le mieux possible à leurs habitudes de vie : « on fait du cas par cas lors des ventes » explique François Drouet. Et il n’y en a pas deux pareilles. Un exemple, la taille de l’écran : « entre la personne qui veut que le téléphone tienne dans la poche et celle qui veut un grand écran pour Internet, les applications ou les photos ».

Le prix plus important que le design

Une sacrée jungle où les caractéristiues techniques où le prix a beaucoup plus d’importance que les caractéristiques techniques. Comme si on s’était résigné au fait que nos smartphones, maltraités, « devenus extension de nos bras » selon l’expression du vendeur Virgin, ne tiennent pas plus de deux ans – sauf miracle. « 80% des gens sont accorcs. Il faut absolument proposer le prêt d’un mobile quand on envoie le leur en réparation. Ils ne peuvent pas s’en passer, même une journée ».

Et en ce moment il y a une marque qui se distingue : la chinoise Huawei. « n a très peu de retours et les gens n’hésitent pas à en acheter un deuxième » commente François Drouet au sujet de ce constructeur sous Android aux prix bien inférieurs aux écuries haut de gamme pour des services comparables, notamment avec la photo. Et tant pis si son design n’est pas épuré ou les finitions en métal, de toute façon, plus grand monde ne s’intéresse vraiment à ce détail. De toute façon, il ne brillera pas longtemps ce téléphone, vu qu’il va tomber au moins une fois par jour…

Olivier COLLET

Bientôt le boom des objets connectés

Quand on lui demande quelles innovations il scrute de près en ce moment, François Drouet n’hésite pas longtemps : « les objets connectés ». « On peut tout faire avec : sécuriser la maison, gérer la lumière ou la musique, rester en forme… Il y a des bracelets, des montres, des balances ou même des robots de cuisine connectés au smartphone. On gère tous ces appareils depuis son téléphone. Les gens commencent à s’y intéresser mais n’achètent pas forcément car le choix reste peu varié et les prix élevés. Mais il faut s’y mettre dès maintenant, c’est le marché de demain. Et quand les gens voudront investir, ils iront là où ils les ont vus en premier ». En revanche, selon le vendeur de téléphones, le public reste encore très méfiant au sujet de la grande innovation souvent évoquée dans les médias : le paiement via smartphone, « la confiance n’est pas encore là, contrairement aux objets connectés et leur côté ludique ».

 

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