mercredi 29 juin, 2022
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BOURGUEIL : Quand les poules picorent la vigne

Le millésime 2014 « bourgueil clos des poules » est prêt à être élevé. Un concept inédit en France.

Pendant toute notre conversation avec Vincent Simon, il ne se passe pas 20 secondes sans qu’une poule ou un coq ne chante. Dans son restaurant de Bourgueil, l’expatrié belge jubile : ça y est, c’est enfin l’heure des vendanges dans son « clos des poules », parcelle de vigne de 7 000m² où le raisin cohabite avec la volaille 10 mois sur 12. Et, à l’inverse de quelques expériences menées dans le sud avec quelques moutons, quelques volatiles ou quelques oies, notre aviculteur ne se contente pas de laisser gambader un petit nombre de bestioles sur son terrain. Non. Elles sont près de 300 à y retourner la terre et, à en croire Vincent Simon, ça n’a que des avantages.

« Le « clos des poules » c’est une double exploitation. Je me suis inspiré des méthodes anciennes, de ce qui se pratiquait encore il y a 50 ans et que l’on a oublié. A cette époque là, les poules vivaient au milieu des cultures en harmonie parfaite avec les végétaux. Pour elles, la vigne, c’est un super terrain de jeu. Les poules étant insectivores, elles y trouvent leur nourriture ce qui évite beaucoup de travail au viticulteur avec qui je me suis associé. La vigne est notamment beaucoup moins traitée. il faut juste passer le motoculteur de temps en temps pour retourner la terre, faire ressortir les vers et ainsi empêcher que les poules ne soient tentées d’aller manger le raisin qui, en réalité, les intéresse assez peu ».

5 à 6 000 bouteilles commercialisées en 2016

Amoureux du terroir (dans son restaurant, Vincent Simon sert essentiellement la nourriture qu’il produit toujours « comme dans les années 50 »), il se soucie aussi du bien-être de son troupeau : « la vigne, c’est idéal pour les poules car elles n’aiment pas avoir trop de Soleil et ça leur permet d’être en permanence à l’ombre ». En plus elles ne font jamais leurs oeufs n’importe où, préférant le confort de leurs nichoirs nous dit-on… Bien élevées les poulettes !

« Je voulais prouver que la polyculture c’était possible » se félicite Vincent Simon, dont l’expérience a séduit jusqu’aux Etats-Unis où certains lui ont déjà commandé des bouteilles (idem en Belgique). Il faudra juste patienter un peu : le bourgueil rouge du « clos des poules » ayant besoin de vieillir, il devrait être commercialisé en 2016. 5 à 6 000 bouteilles seront produites.

Olivier COLLET

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