dimanche 29 janvier, 2023

Tram de Tours : quelles perspectives pour 2023 ?

En 2023 la ligne A du tram de Tours va fêter ses 10 ans d’exploitation. Malgré des aléas (incendie du pont de Verdun entraînant une longue interruption de trafic en 2015 ou les coupures récurrentes en centre-ville lors de manifestations et problèmes techniques), on peut parler de succès avec environ 60 000 validations quotidiennes de titres de transport du lundi au vendredi (c’est moins le week-end, ou lors des vacances scolaires).

Quand on voit ça, on peut se dire qu’il y a le potentiel pour une extension du réseau. D’ailleurs, la question d’une deuxième ligne a presque été immédiatement évoquée puis officiellement lancée en 2017-2018 avec l’idée de relier La Riche à Chambray-lès-Tours via le quartier Tonnellé et le futur quartier des Casernes à Tours-Ouest, les Fontaines à Tours-Sud et le CHU Trousseau. Mais depuis on n’a jamais été plus loin que les études.

Le problème de la ligne B c’est qu’elle ne fait pas consensus. Certes, la première ligne a aussi eu ses détracteurs, notamment à cause de nombreux abattages d’arbres. Mais là on atteint des sommets, la ville de Tours ayant été obligée d’abandonner l’option du tram Boulevard Béranger sous la menace de recours pour en sauver les arbres. Son plan de secours par le Boulevard Royer ne garantit pas le même plébiscite commercial et agace déjà nombre de riverains qui craignent des nuisances. Ajoutez à cela les affaires judiciaires de l’élu en première ligne dans le dossier (Wilfried Schwartz, accusé d’avoir giflé son ancien directeur de cabinet, ce qu’il nie) et vous avez tous les ingrédients d’un dossier qui patine dans la semoule.

Le lancement attendu de l’enquête publique

Pourtant, Tours Métropole continue d’affirmer que la deuxième ligne est prévue pour 2028 (soit le 2e report d’inauguration après avoir évoqué 2024 puis 2026). Entre temps, le budget a quasiment progressé de 50% pour dépasser les 500 millions d’€. Malgré des promesses de soutiens de l’Etat ou de l’Union Européenne, ce sera forcément une énorme opération financière, alors que les dettes de la première ligne sont loin d’être absorbées.

Sans dire que ce projet de ligne B est compromis, il est en tous cas lesté de pas mal de fardeaux. Dans les prochains mois, les études sont censées se finaliser avant le lancement de l’enquête publique, démarche réglementaire obligatoire pour obtenir l’aval de la préfecture d’Indre-et-Loire lors d’un chantier de cette ampleur. C’est la promesse de rouvrir les débats houleux sur le tracé, les conséquences pour les riverains, le potentiel en transports de voyageurs… Et le risque de devoir affronter des recours d’oppositions.

Et la troisième ligne ?

Plébiscitée par certains (dont l’ancien maire de Tours Christophe Bouchet), l’option d’une demi-ligne qui relierait simplement Tours-Centre à Chambray n’est plus évoquée par les instances décisionnaires. Quant à la troisième ligne, ou en tout cas la création de branches de tramway vers Saint-Pierre-des-Corps et Saint-Cyr-sur-Loire, ça ne parait pas mieux engagé. Les premières études montrent des difficultés d’insertion sur le territoire corpopétrussien (notamment au niveau de la gare ou en cas de passage Rue Jean Jaurès). Par ailleurs, le passage Tours / Saint-Pierre le plus simple via le Boulevard Heurteloup n’est pas soutenu par la mairie de Tours… toujours à cause des arbres qu’il faudrait abattre, ou don la survie serait mise en danger lors du chantier.

De quoi irriter le collectif qui milite pour le tram à Saint-Pierre : « Cette décision stoppe les travaux du Syndicat des Mobilités et prive les habitants de Saint-Pierre-des-Corps d’un moyen de transport sûr, rapide et écologique. Le collectif dénonce ce gâchis d’argent public : des dizaines de réunions entre les services des 3 villes ont eu lieu, des études coûteuses réalisées, des agents mobilisés, des dépenses réalisées… pour finalement écarter les habitants de la 4e ville de la Métropole d’une desserte par le tram tant attendue. »

Olivier Collet

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