Tours

Tensions autour des crèches municipales à Tours Nord

La cause : la perte de places publiques dans le secteur...

Nous vous en parlions dès le 25 janvier sur Info-Tours.fr : à Monconseil, le remplacement annoncé de la crèche municipale par une potentielle crèche associative ne plait pas à certains parents. Créée au sein du quartier dans l’attente de la reconstruction de la crèche Leccia à Beaujardin, la structure va fermer cet été. Elle doit être remplacée par un autre service dédié à la petite enfance, dont le futur gestionnaire sera dévoilé en mars, après l’étude des candidatures d’un appel à projets. 2 associations se sont montrées intéressées, l’une plus que l’autre.

Au vu de l’évolution de la situation on peut raisonnablement supposer que, oui !, il y aura toujours un service d’accueil pour les 0-3 ans dans ce nouveau quartier du nord de la ville. Avec un nombre de berceaux équivalent. Utile. Mais quelques familles auraient bien apprécié de voir leurs enfants gardés par le même personnel jusqu’à leur entrée en école maternelle. La mairie dit que c’est possible… et même qu’elles seront prioritaires… pour peu qu’elles fassent le voyage jusqu’à Beaujardin, à plus de 5km de là. Si c’est trop loin, elles seront aussi prioritaires pour intégrer le nouveau service associatif.

« Une polémique qui excite les inquiétudes »

Au-delà de cette désorganisation parfois mal vécue, c’est le principe même de la disparition d’une crèche municipale à Tours Nord qui agace. Les parents, mais aussi l’opposition politique du maire de Tours Christophe Bouchet. Comme il y avait un conseil municipal ce lundi 4 février, le sujet a été abordé… assez longuement d’ailleurs. Cécile Jonathan (PS) : « vous faites une erreur en confiant cette crèche au privé. Vous nous avez suffisamment reproché de ne pas avoir mis de services à la population sur certains quartiers (aux Deux-Lions, encore sans école jusqu’en septembre 2019 malgré 4 000 habitants, ndlr) et là vous faites le chemin inverse. Ce n’est pas un choix justifié. Il faut des services municipaux sur l’ensemble du territoire. »

En face, le maire de Tours estime que cette polémique « excite les inquiétudes » car le nombre de places en crèche municipale restera identique sur la ville. Il a raison. Mais ce n’est pas le débat : l’opposition alerte sur le manque de structures gérées par la mairie au Nord de la Loire, zone où vivent 40 000 personnes. Seules 5 places sont disponibles en régie. « On ne peut pas se plaindre de la raréfaction des services publics d’un côté et faire la même chose de l’autre » a relevé l’ancien membre de la majorité Xavier Dateu, faisant remarquer que les hausses de dépenses de fonctionnement de la ville étaient de 0,4% quand la loi l’oblige à ne pas dépasser 1,2%. Selon lui, il y aurait donc largement de quoi embaucher un peu plus de personnel pour gérer une crèche municipale à Monconseil. Ou à Tours Nord en général.

« Un vrai souci »

Pour défendre la position municipale, l’élue de la majorité déléguée à la petite enfance Stéphanie Lepron souligne que comparé à d’autres villes de taille comparable « Tours est bien lotie » pour la diversité de ses offres d’accueil. « Aujourd’hui on ne peut pas avoir une réponse unique aux besoins de places : pas tout municipal ou tout associatif. On ne peut plus fonctionner comme ça, c’est tant mieux. Chaque mode de structure a ses avantages et ses inconvénients : la crèche municipale c’est un service très qualitatif avec ses exigences (seulement des familles qui habitent à Tours), les crèches associatives sont plus souples avec une fragilité financière et les crèches privées ont une capacité d’investissement pour accroître l’offre. Il faut travailler sur ces trois leviers pour augmenter les places. »

« On n’est pas opposé au service public, et le privé n’est pas forcément diabolique » renchérit juste après la nouvelle adjointe en charge de la politique de l’enfance Cécile Chevillard. « De toute façon la CAF veille au grain et fixe les tarifs. » Sauf que ce choix entre différents modes de garde prôné par les élus… n’existera bientôt plus à Tours Nord. C’est incontestable, malgré le maintien d’un nombre de berceaux équivalent sur l’ensemble du territoire communal.

« On se désengage du service public alors que la petite enfance est une des seules compétences qu’il nous reste » déplore de son côté Barbara Darnet-Malaquin, ex adjointe en charge du dossier qui vient de démissionner. « Un vrai souci », selon celle qui explique avoir quitté sa fonction en raison de points de désaccords avec le maire, dont le dossier de la crèche municipale de Monconseil.

MG