Joué-lès-Tours

Fermeture du site Tupperware : les réactions des élus

L'annonce de la fermeture du site Tupperware à Joué-lès-Tours fait réagir les élus.

Plusieurs centaines d'emplois supprimés, la fermeture d'un site historique de production d'une grande entreprise... à Joué-lès-Tours, cette histoire on a l'impression de l'avoir déjà vécue... En 2013, c'était Michelin qui supprimait une grande partie de sa production, en 2017 c'est l'entreprise américaine Tupperware qui annonce la fermeture totale de son site jocondien, le seul en France, et ce à l'horizon mars 2018. Un coup dur pour la ville de Joué-lès-Tours, la métropole mais plus largement le bassin d'emploi.

Du côté de la ville de Joué-lès-Tours, Frédéric Augis, le maire LR de la commune, a été informé en fin de matinée de la nouvelle par le directeur du site jocondien. « Je n'ai pour le moment pas beaucoup plus d'informations que ce qui est sorti dans la presse. L'Etat a semble-t-il été prévenu il y a 48 heures, j'ai rendez-vous demain avec l'entreprise » précise-t-il.

Pour le maire de Joué-lès-Tours, si la nouvelle est brutale forcément, elle n'est en revanche pas une surprise : « L'an dernier, j'avais déjà eu des échos sur l'avenir du site de Tupperware, des machines avaient été démontées, des parties de l'usine n'étaient plus utilisées... J'avais rencontré alors le directeur qui se voulait rassurant sans être convaincant. »

Et l'élu de penser aux employés et à leurs familles : « je suis attristé pour les familles touchées. Nous allons être extrêmement vigilants au plan de revitalisation qui est obligatoire dans ces cas et nous allons surtout être attentifs à la situation des employés et de leurs familles. Nous allons nous battre pour eux ». A noter qu'à l'usine de Joué-lès-Tours, l'âge moyen des employés s'élève à 51 ans.

Du côté de l'opposition municipale, l'élu socialiste Mohamed Moulay évoque « un projet brutal et des conséquences lourdes pour le territoire […] et une catastrophe sociale et humaine ».

« Cette décision est faite sans concertation avec les collectivités locales » exprime Mohamed Moulay qui demande à l'entreprise à ce qu'une « alternative soit trouvée ». Son collègue Vincent Tison demande au groupe de revoir sa position : « c'est un électrochoc social qui nous touche tous. Chacun de nous connait le savoir-faire des ouvriers, techniciens et cadres et la qualité de leur production. Ils doivent en être fiers. Ce n'est pas à eux de payer les erreurs de gestion, de production ou de commercialisation d'une entreprise aux résultats financiers positifs. »

La députée de la circonscription Fabienne Colboc (issue de la majorité présidentielle), est elle aussi surprise de cette annonce : « les choses arrivent brutalement, j’ai appris l’info avec étonnement. Je pense tout de suite aux familles, au territoire. La fermeture d’un site qui existe depuis 1973 c’est très dur au niveau humain et économique. J’aimerais bien avoir des informations auprès de la direction et des salariés. Ayant travaillé dans ce domaine, je serai très vigilante sur le plan de reclassement que l’entreprise veut mettre en place, et comprendre pourquoi on n’a pas été informé. Une autre méthode aurait permis d’éviter de se retrouver devant le fait accompli. »

Autre réaction ce jeudi soir : celle du sénateur d'Indre-et-Loire Serge Babary, 1er vice-président en charge de l'économie à la métropole depuis 2014 et jusqu'à son élection... « Je déplore cette situation et demande une réunion d'urgence sous l'égide du Préfet d'Indre-et-Loire mobilisant les responsables de l'entreprise, les parlementaires et les acteurs économiques locaux pour réagir au plus vite à cette mauvaise nouvelle pour notre économie locale. »

« L'annonce de la fermeture de l'usine Tupperware de Joué-lès-Tours est une catastrophe ; les conséquences sociales seront immenses dans la commune qui ne s'est pas encore remise du choc Michelin. C'est toute la politique de développement économique de la commune et de l'agglomération qui doit être revue » estime Véronique Péan, élue FN de la ville.