mardi 27 septembre, 2022

Don du sang interdit aux hommes gays ou bi : « une discrimination absurde »

Des mobilisations récurrentes sont prévues lors des collectes de sang.

Jusqu’à ce mercredi 26 novembre, la FAC des Tanneurs de Tours propose aux étudiants de venir donner leur sang. Et jusqu’à ce mercredi 26 novembre, tous les jours, un collectif va se mobiliser devant l’Université pour dénoncer ce qu’il qualifie de discrimination : l’interdiction à vie du don du sang faite à tout homme qui a eu, ne serait-ce qu’une fois, un rapport homosexuel. Soutenu par une grosse vingtaine d’associations et de partis politiques (CIDFF37, la Ligue des Droits de l’Homme, Osez le féminisme 37, le Planning familial 37, l’Unef, la CFDT, la FSU, l’UNSA, Sud/Solidaires, Europe écologie les Verts Région Centre, le Front de Gauche, le PS…), le mouvement initié par le centre LGBT de Touraine a pour objectif d’être régulier afin de récolter des soutiens mais d’abord d’informer la population.

« Quand on interpelle les étudiants, on se rend compte que presque tous ne savent pas que le don de sang est interdit aux hommes homosexuels alors même qu’il est autorisé depuis 2003 pour les lesbiennes et possible dans plusieurs autres pays. Et ils ne le comprennent pas » explique Mickaël Achard, porte-parole du collectif.

« Certains médecins de l’EFS sont d’accord avec nous »

L’Etablissement Français du Sang se justifie en expliquant que, sur 100 000 hommes gays, 758 nouveaux cas de VIH sont détectés chaque année ce qui représenterait un risque pour les malades transfusés via des dons de sang : « on refuse de parler de population à risque mais de comportements à risques » ajoute le jeune homme. « Donner son sang, c’est un acte citoyen et réfléchi. On y va pas pour contaminer les gens donc on ne le fait pas si on a eu des comportements à risques » développe Mickaël Achard, déçu que cette politique encourage certains à mentir et donc à se mettre dans l’illégalité : « c’est contre-productif, surtout quand on sait que les besoins en sang sont nombreux, que les poches sont analysées après le don et avant la transfusion ». Il affirme même que certains médecins de l’EFS sont d’accord avec ses revendications « mais ils appliquent la loi… »

En une heure ce lundi, la pétition circulant aux Tanneurs a fait l’unanimité récoltant une centaine de signatures. Les jeunes recommenceront leur mission d’information ce mardi dès 11h, puis mercredi, puis jeudi dès 13h ils iront sur le Boulevard Béranger, là où le camion du don du sang stationne chaque semaine. Et ce n’est peut-être qu’un début…

Olivier COLLET

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