samedi 20 août, 2022

Une asso déterminée à bloquer le tram B par Jean Royer

Avoir un 2e tram, oui. Mais devant chez moi, non merci. C’est un peu ce qu’on comprend quand on écoute la présidente du Collectif Boulevard Jean Royer contre le Tram. Riveraine de l’ex-Boulevard Thiers rebaptisé depuis au nom d’un ancien grand maire de Tours, Brigitte Chollet est bien décidée à tout faire pour empêcher l’installation de rails au pied de chez elle-même si c’est la solution privilégiée par les élus pour relier La Riche à Chambray via un tram.

« La nouvelle de cette décision est tombée de façon brutale » réagit la Tourangelle, fâchée que Jean Royer serve de plan B à un projet qui devait passer Boulevard Béranger mais qui a été dévié par peur de mettre les platanes centenaires en danger et par crainte de recours en justice d’associations ou de riverains. « Dès 2018 les études menées ont montré que le passage par Jean Royer était techniquement difficile voire impossible » rappelle Brigitte Chollet qui se souvient que c’est l’actuel maire de Tours Emmanuel Denis qui tenait de tels propos quand il était encore dans l’opposition, s’inquiétant en prime de faire du boulevard entre le Sanitas et la Place Strasbourg un axe aussi mal fichu que l’Avenue Maginot qui accueille tram et voitures sur la même voie.

La crainte des effets du ruisseau souterrain

L’opposante ne manque pas d’arguments contre le projet : « Les riverains vont voir le tram passer à 2m de leur maison, on ne pourra plus ouvrir les fenêtres » déplore-t-elle, faisant écho aux reproches d’habitants de Joué-lès-Tours ou de la Rue Charles Gille de Tours qui sont dans la même situation.

Brigitte Chollet s’interroge aussi sur l’impact éventuel du ruisseau souterrain qui coule sous le Boulevard Jean Royer, relevant que des pompes ont dû être installées en sous-sol de bâtiments récents pour éviter les avaries :

« Le terrain est mou. On doit creuser profondément pour trouver du dur il faut donc qu’on m’explique comment on fait passer 40 tonnes de métal dans un sens et dans l’autre toutes les 8 minutes. Les vibrations vont faire bouger les maisons ! »

Des études sont justement relancées pour lever les potentiels écueils techniques au réaménagement de Jean Royer. Elles devraient durer environ un an et demi. Et si le projet va jusqu’au bout le tram pourrait circuler à l’horizon 2028. D’ici cette date, Brigitte Chollet craint un véritable big bang de circulation :

« Les 14 rues qui débouchent sur le boulevard vont devoir être modifiées. La circulation va se porter dans des rues pas forcément larges, les parkings seront aussi déplacés. Il y a un problème de sécurité pour deux grands cabinets de kiné : il faut qu’ils puissent faire venir les voitures sanitaires et que la supérette puisse avoir un espace pour les camions de livraisons. »

Le Collectif Boulevard Jean Royer contre le tram s’offusque enfin du coût du chantier (déjà passé de 400 millions à 570 millions d’€), des risques de pertes de chiffre d’affaire pour les commerçants et de l’abattage programmé des arbres actuels : « Si un maire écologiste ne s’occupe que des arbres remarquables c’est bizarre » raille Brigitte Chollet, prête à répondre « au coup par coup » aux démarches des collectivités, quitte à engager des recours judiciaires.

Olivier Collet

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