lundi 6 février, 2023

17 postes supprimés dans les collèges en septembre

A Cormery, 90% des enseignants du collège étaient en grève ce mardi. Reportage dans la manifestation Tourangelle.

Ils étaient environ 150 professionnels du monde de l’éducation à se réunir devant la préfecture de Tours ce mardi après-midi. Pourquoi là plutôt qu’à l’inspection d’académie ? « Parce que c’est à l’Etat que l’on demande des moyens, la France est le pays d’Europe qui investit le moins pour son éducation. 60 000 créations de postes ce n’est pas suffisant » explique Paul Agard du syndicat SNUIPP37 qui complète en évoquant la situation chez-nous : « au total on prévoit 20 postes supplémentaires en septembre pour 300 nouveaux élèves. Seulement 10 seront vraiment des créations de classes alors qu’il en faudrait une centaine pour atteindre le taux moyen national d’élèves par classe ». Selon lui, dans le second degré, entre 25 et 30% des enseignants ont suivi le mouvement de grève en Indre-et-Loire. 8,48% dans toute l’académie d’après le rectorat. Mais c’est une moyenne. Par exemple, au collège public de Loches, un prof sur deux n’a pas assuré ses cours : « on va perdre deux classes et deux postes à la rentrée » déplore Philippe Baretto de Souza du SNES qui y enseigne.

La première mobilisation d’une longue série ?

Car si les enseignants se mobilisaient pour trois raisons – les salaires trop bas, les conditions de travail, et le manque d’effectifs – c’est surtout la troisième qui les préoccupe en ce moment alors que l’on commence à débattre de la carte scolaire qui sera appliquée à la rentrée 2015. Les décisions pour le premeir degré ne débuteront qu’après les élections départementales de mars mais celles qui concernent les effectifs des collèges et des lycées sont déjà lancées (la prochaine c’est ce jeudi 12 février). Et ça ne sent pas bon : 17 postes seront supprimés dans les collèges du département alors que l’on prévoit 130 élèves de moins.

Des BTS n’ouvriront pas faute de moyens

« Le rectorat nous explique qu’il faut faire vire les lycées » s’agace Marie-Paule Fresneau du SNES. Car eux recevront un peu plus de moyens en septembre. Enfin… « il n’y en a pas assez par rapport aux effectifs. Il y a donc des sections de BTS qu’on ne pourra pas ouvrir. A cause du manque de moyens, on nous demande de faire des efforts sur les options ». « Nous ce qu’on veut, c’est moins d’élèves par classe afin d’avoir plus de temps pour s’en occuper. C’est aussi ça, l’après Charlie » complète Annre, une autre représentante syndicale.

Il y a une commune ou les prémices de la carte scolaire 2015 de l’Indre-et-Loire préoccupent particulièrement, c’est Cormery. Les profs de son collège sont venus en nombre à Tours. Sur 30, 90% ont répondu à l’appel à la grève alors que beaucoup ne s’étaient plus mobilisés depuis 3 ou 4 ans. Oui mais là, sur les 20 classes de l’établissement (un peu plus de 500 élèves), 2 sont en danger. Une 6ème et une 3ème. Marie-Claude et une autre Anne racontent : « on va se retrouver avec des niveaux à 29 ou 30 élèves dès la 6ème contre 25-26 actuellement. C’est incompréhensible ». Et avec leurs collègues elles ont bien l’intention de diffuser leur combat dans tout le département si la réunion organisée ce mardi soir avec un représentant de l’académie n’aboutit pas… Les parents d’élèves sont d’ailleurs déjà informés de la situation et manifestement solidaires.

Olivier COLLET

Et pendant ce temps-là, au milieu de la foule, une infirmière scolaire…

« Les médias ne vont encore parler que des profs… » se plaint Marie en nous accostant. L’infirmière scolaire du lycée Descartes de Tours veut aussi montrer qu’elle est mobilisée. Ses revendications sont les mêmes que les enseignants : manque de moyens, formation pas suffisamment reconnues… « On est très sollicitées par les élèves mais on a de moins en moins de temps pour eux, notamment parce que les médecins scolaires sont moins présents. Faire notre métier devient plus difficile ». Par exemple, en Touraine, il n’y a souvent qu’une infirmière pour deux collèges…

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