lundi 6 février, 2023

DEPARTEMENTALES : Verts et Front de Gauche unis dans une dizaine de cantons

Rencontre avec l’écologiste Benoit Faucheux.

Des discussions avaient lieu depuis plusieurs semaines et elles ont abouti en ce début 2015 : en Indre-et-Loire, Europe Ecologie-Les Verts et le Front de Gauche – via le collectif C’est au Tour(s) du Peuple – partiront main dans la main aux élections départementales des 22 et 29 mars prochains. Une alliance de premier tour « inédite » explique Benoit Faucheux d’EELV : « d’habitude, les écologistes partaient seuls au premier tour’. « Après les municipales de mars à Tours, on s’est dit qu’on avait peut-être raté une dynamique… ». Un regret qui entraîne donc une union autour d’un projet « écologique et citoyen » et dont l’objectif est d’impliquer au maximum des personnes issues de la société civile.

Avec ce rassemblement, les deux groupes politiques se sont aussi fixé un objectif qui a le mérite d’être ambitieux mais qui semble terriblement ardu : recréer un lien avec les habitants, les électeurs. « Il y a une vraie crise de la citoyenneté. Si on ne fait pas quelque chose, si l’on ne donne pas envie de voter, le système va s’effondrer tout seul ». Et Benoit Faucheux a un intérêt politique dans tout ça : pour aller au deuxième tour des départementales, il faut, lors du premier tour, arriver en tête, second, ou recueillir au moins 12,5% des voix des inscrits sur les listes (et non des suffrages exprimés) « ce qui est difficile s’il n’y a que 50 ou 60% de participation » explique-t-il.

Une dizaine de cantons avec des candidatsEELV-FG

Ce qui surprend dans l’annonce de cet accord écolo-Front de Gauche, c’est justement ce grand écart, ce « saute-mouton » sur l’échuiquier politique, au dessus du PS qui – déjà fragilisé par le désamour du président – se retrouve pour l’instant tout seul dans son coin. Benoit Faucheux nous dit que rien n’est encore totalement fixé, que des discussions restent en cours mais plutôt pour un accord de second tour que pour une union dès le 22 mars. D’autant qu’EELV a déjà investi des candidats comme Christophe Boulanger à Tours-Est, Caroline Lanpert à Tours-Ouest, François Lafourcade à Tours-Sud, JeanClaude Bragoulet à Montlouis-sur-Loire ou Catherine Rabier à Joué-lès-Tours.

Une femme devrait également être candidate avec un homme du Front de Gauche à Tours Nord et, au total, une dizaine de cantons du département (sur 19) auront la possibilité de choisir un bulletin EELV-Front de Gauche « si tout le monde est élu, on aura la majorité » calcule avec humour Benoit Faucheux. « On n’est pas dans une optique de présenter des candidats partout à tout prix, quitte à prendre des personnes qui ne connaissent pas le territoire » ajoute-t-il en ciblant le FN sans le nommer. Il insiste par ailleurs sur la volonté d’éviter le cumul des mandats même si quelques conseillers municipaux se lanceront dans l’aventure.

Les bases du programmes élaborées samedi

Mais en se privant d’une alliance immédiate avec leur partenaire « historique » du PS, les Verts ne condamnent-ils pas la gauche à l’échec face à la montée de l’extrême droite ? Le risque étant de voir des duels UMP-UDI/FN au second tour, d’autant que le nombre de triangulaires s’annonce faible de l’avoeu même de Benoit Faucheux : « dans l’agglo, je n’imagine pas que la gauche ne soit pas au second tour » s’avance-t-il cependant.

Quant au programme électoral, il n’en est pour l’instant qu’à son esquisse et un forum citoyen prévu samedi de 9h à 16h au Centre de Vie du Sanitas aura pour objectif de poser ses fondations. « Si on a une centaine de personnes, ce sera bien. Nous organiserons des ateliers de réflexion sur les thèmes que chacun souhaitera aborder ». Parmi ceux qui sont chers à EELV : l’écologie dans l’économie, le problème du financement du futur Conseil Départemental face à la baisse des dotations de l’Etat, la rénovation des logements, le développement des transports, la lutte contre la précarité énergétique… « Mais le problème c’est que la réforme territoriale nous met dans le flou. On ne sait pas encore quelles seront les compétences précises des élus départementaux ». En tout cas, alors que l’UMP a promis de revenir sur la hausse de la taxe foncière que vient de décider le PS, ça ne semble pas être une priorité de cette union de gauche.

Olivier COLLET

À lire sur Info Tours

Vous aimez lire Info Tours ?

Alors suivez-nous sur les réseaux sociaux !