Ce lundi 27 avril, près de 250 personnes se sont rendues à une réunion d’information que la ville de Tours organisait après les accusations de viol visant un animateur du centre de loisirs Mirabeau. L’homme de 37 ans est soupçonné d’avoir agressé une fillette de 3 ans lors des vacances d’hiver en février. Il est actuellement placé sous le statut de témoin assisté, ce qui signifie qu’il y a des éléments graves contre lui mais pas forcément assez de preuves pour le mettre en examen ou le placer en détention provisoire. Les investigations se poursuivent.
Fort logiquement, la révélation de l’information a déclenché une onde de choc au sein des familles qui fréquentent le centre de loisirs concerné. Selon les éléments communiqués, le suspect travaillait depuis plusieurs années auprès des enfants. Et même s’il a été suspendu de ses fonctions, les questions sont nombreuses. D’où le rendez-vous mis en place par la mairie avec l’institution judiciaire, l’Education Nationale, l’association Charlotte Loisirs qui emploie l’animateur ou encore la représentante de la cellule de recueil des informations préoccupantes.
L’objectif de la soirée n’était pas de faire un point sur l’enquête et d’en révéler les coulisses. « Secret de l’instruction » a martelé Eric Raygasse, le procureur adjoint, insistant aussi sur la présomption d’innocence, sur le fait que ce n’est « peut-être pas lui », invitant les familles à ne pas le condamner immédiatement. Tout juste a-t-on appris qu’il y avait à ce jour une saisine pour « un fait, une victime, une période » (une possibilité de signalement reste ouverte).
Le problème c’est que les parents sur place espéraient des réponses plus précises, et que le représentant du parquet leur a opposé la lenteur judiciaire : « En moyenne 12 à 18 mois d’instruction », et parfois plus. « Il faut tout vérifier, y compris la véracité des faits » plaide-t-il.
« Comment parler à nos enfants de la situation ? Comment leur parler de cette personne en qui ils avaient confiance ? Jusqu’où allez-vous remonter dans les auditions ? » ont été quelques-unes des questions posées, certains s’agaçant de repartir avec plus de questions que de réponses, d’autres suggérant une vidéosurveillance généralisée dans les centres de loisirs voire de convier des enquêteurs aux entretiens d’embauche d’animateurs pour détecter les comportements déviants. Preuves des inquiétudes.
Face à la détresse et aux questionnements, Charlotte Loisirs a consenti à une adaptation de ses procédures, à « renforcer » certains process : rappeler la consigne de ne pas emmener un enfant seul aux toilettes, mais que cette règle se heurte parfois à la réalité des urgences. En tout cas les équipes ont pour consigne de ne pas toucher les enfants si ils se sont salis, de les guider seulement dans le nettoyage. Et des formations sont menées sur les violences sexistes et sexuelles. Ainsi que sur le harcèlement.
De son côté, la ville de Tours indique qu’elle crée une cellule d’accompagnement et de soutien « pour les personnes qui en ont besoin ». En attendant les suites du dossier qui seront, à coup sûr, scrutées à la loupe.

