Tours

Dans les rues et sur le torse : de nouvelles caméras pour la police municipale de Tours

Mais aussi des embauches.

Elles dormaient dans les placards de la police municipale de Tours depuis la fin d’une expérimentation autorisée par le gouvernement, attendant sagement le décret d’application d’une loi pour en ressortir. Elles, ce sont ces 8 caméras à fixer sur le gilet pare-balles, désormais disponibles au quotidien pour les patrouilles de la ville de Tours.

De quoi s’agit-il exactement ? On vous explique…

D’un coût de 350€ par appareil, ces caméras ont la capacité d’enregistrer jusqu’à 8h d’images. Elles ne fonctionnent pas en permanence, seulement quand les agents les déclenchent d’une simple pression sur le bouton REC. « C’est pour la sécurité des agents, pour calmer les situations virulentes » expliquent le directeur de la police municipale Nicolas Galdeano et l’adjoint au maire chargé de la sécurité, Olivier Lebreton.

Leur raisonnement : en se sachant filmé lors d’un contrôle ou d’une interpellation, un individu va avoir tendance à s’apaiser. Pour eux c’est aussi un moyen de répliquer aux vidéos d’interventions filmées au smartphone qui se multiplient et ainsi de pouvoir faire valoir leur version des faits, par exemple après une plainte. « On pourra aussi s’en servir pour la formation des agents via un débriefing opérationnel » précise Nicolas Galdeano qui se fixe pour objectif que chaque patrouille qui sort soit équipée d’une caméra en cas de besoin.

Ce qu’il faut savoir :

  • Seul le directeur de la police municipale, le chef du Centre de supervision urbain, le maire ou son adjoint peuvent accéder aux images
  • La caméra garde en mémoire les 30 secondes précédant le déclenchement de l’enregistrement afin d’aider à comprendre le contexte de l’intervention
  • Les images sont conservées 6 mois, comme le veut la loi et récupérées chaque jour à la fin des interventions via un équipement spécifique. Elles ne peuvent pas être extraites par une simple clé USB
  • La justice peut demander à accéder aux vidéos dans le cadre d’une enquête, et la ville s’appuyer dessus pour une procédure disciplinaire
  • Les policiers municipaux sont censés prévenir la personne en face qu’ils démarrent un enregistrement, mais la loi n’en fait pas une condition indispensable pour l’utilisation des images en tant que preuve. On ne pourra donc pas légalement reprocher à un agent de ne pas avoir averti du lancement de la vidéo

« Ce dispositif tranquillise les policiers sur le terrain » assurent Olivier Lebreton et Nicolas Galdeano qui ne cessent de parier sur la vidéo comme atout pour résoudre des affaires. En 2018, les images captées par la grosse centaine de caméras du domaine public de la ville ont servi dans 330 procédures judiciaires, en majorité pour des faits survenus dans l’hyper-centre, et en particulier dans le Vieux-Tours.

Pour 2019, la tendance est encore à l’augmentation de cette statistique. D’ailleurs, le nombre de caméras de surveillance ne cesse de progresser : 8 sont en cours d’installation au Centre Aquatique du Lac (elles seront opérationnelles en fin de semaine) et 4 autres au Carrefour de Verdun (dont une caméra filmant à 360° comme celle de la Place de la Liberté). Mise en service : juillet pour les trois premières, fin septembre pour la caméra à 360°. Et ce n’est pas fini : à la rentrée, Beaujardin sera à son tour sous l’œil des caméras avec des équipements autour de la nouvelle crèche Leccia.

Ce dispositif technologique doit être complété par des recrutements de personnel. Actuellement la police municipale de Tours compte 90 agents pour 95 postes. Suite à des embauches récentes, elle devrait compter 95 hommes et femmes en septembre mais voudrait encore s’agrandir. Deux nouveaux véhicules Peugeot vont aussi remplacer les vieilles Dacia. Un temps envisagé, l’achat de voitures électriques n’a finalement pas été retenu, par exemple parce que les engins sont amenés à circuler quasiment en permanence, ce qui complique leur recharge selon la ville.