Tours

Affaires de gros sous au dernier conseil métropolitain de 2018

Des investissements en retard, une grosse dette et un achat important.

Ce lundi 17 décembre, les élus de Tours Métropole se réunissaient aux Deux-Lions avec 35 points à l’ordre du jour dont plusieurs dossiers financiers. Le 1er - celui qui a suscité le plus de débat - concernait les investissements supprimés du budget 2018. La somme est importante : plus de 11,3 millions d’euros. Pas une bonne nouvelle pour les communes qui vont devoir reporter leurs programmes, mais un peu d’air pour les finances de la Métropole car avec le décalage de ces projets elle renonce à 3,8 millions d’euros d’emprunts sur les 20 millions envisagés au départ.

Parmi ces projets avortés, mais officiellement pas abandonnés car décalés à une datte ultérieure, on peut citer l'accompagnement d'un projet agricole à Rochecorbon (11 000€), près de 500 000€ pour la signalétique des parcs d'activités, presque 700 000€ d'interventions envisagées sur les aires pour les gens du voyage, plus de 650 000€ pour le Bd de Gaulle à St-Cyr-sur-Loire, 100 000€ pour l'Avenue J. Duclos de St-Pierre-des-Corps, 425 000€ pour la piscine de Fondettes, 10 000€ pour l'étude sur la future patinoire communautaire...

« De nombreux investissements ne sont pas faits. D’un côté on parle d’attractivité du territoire mais de l’autre côté on n’utilise pas toutes les enveloppes d’investissements et ce sont des emplois qui ne se font pas sur le territoire » a regretté l’écologiste Didier Vallée, souhaitant plus d’embauches au service du développement économique de l’agglomération malgré ses contraintes financières.

Pour le président de Tours Métropole Philippe Briand, ces retards sont notamment liés aux études sur les projets qui prennent de plus en plus de temps : « des dossiers qui aboutissaient en 12 à 18 mois mettent désormais 3 ans à voir le jour » a-t-il souligné, ajoutant que « de nombreuses communes avaient renoncé à certains projets à cause de la baisse des dotations de l’Etat. » L’élu espère que dans les prochaines années 80 à 90% des investissements annoncés en début d’année seront effectivement réalisés, alors que cette proportion est bien moins importante cette année.

A noter que pour 2017, le problème s’était déjà posé et qu’à ce moment-là c’était la faute à la transformation de l'agglo en Métropole selon son président. On parlait alors de 49 millions d'euros.

Le deuxième sujet concerne une somme moins importante : 4 800€, soit le montant des indemnités auxquelles l’écologiste Emmanuel Denis a renoncé l’an dernier lorsque les sommes allouées aux élus ont été augmentées par la Métropole. Après un débat un peu fouilli, le président Philippe Briand a fini par accepter que cette somme soit répartie entre trois associations : les Restos du Coeur (pour distribuer des repas aux plus démunàs, Chrétiens Migrants (pour loger des migrants à la rue) et au Centre LGBT de Touraine qui combat les discriminations envers les personnes LGBT+.

Le troisième thème concerne la dette « Transports » de la Métropole transférée au nouveau Syndicat Mixte des Mobilités de Touraine. On apprend au passage qu’il reste 255 millions d’euros à rembourser, la quasi totalité de cette somme concernant la construction de la première ligne de tramway.

Retenez également que la Métropole a voté l’achat de l’Ecole d’Art de Design de Tours (ESBAT) qui dispense des formations à 170 étudiant(e)s au sein du site Mame Rue du Dr Chaumier. Le prix ? 4 millions d’euros payés à la mairie, soit un peu plus de 1 200€ du m² pour un bâtiment historique rénové. L’acte de vente sera officiellement signé début 2019.

Enfin, on pourra souligner que - sur proposition de la socialiste Cécile Jonathan - la Métropole s’engage à être attentive aux « conditions sociales » de fabrication des produits qu’elle achète (par exemple en vérifiant que les entreprises concernées ne font pas travailler d’enfants).