Tours

Les candidats FN des législatives rempilent aux sénatoriales

Ils espèrent séduire quelques élus locaux ruraux.

On prend (presque) les mêmes et on recommence. Pour les élections sénatoriales du 24 septembre en Indre-et-Loire, les listes doivent comporter 5 candidats, en vue d’élire 3 sénateurs titulaires et deux remplaçants potentiels. 1 500 électeurs seront appelés aux urnes en préfecture et ils devraient avoir à choisir entre une petite dizaine de listes.

Parmi elles, celle du Front National, aux couleurs Bleu Marine. Et dans le quintet de candidats, on en retrouve 4 qui étaient en tête d’affiche aux législatives de juin dernier : Daniel Fraczak en position N°1, Véronique Péan en N°2, Stanislas De La Ruffie en 3ème place et Eva Kukulski en N°4. Gilles Godefroy, élu à Tours et conseiller régional, est 5ème. 4 sur 5 sont par ailleurs au Conseil Régional (seule Eva Kukulski n'y a pas de siège).

Une campagne axée sur la ruralité

Tous bronzés, de retour de vacances, les frontistes se remettent en ordre de marche progressivement. Le matériel de campagne est presque prêt et les rendez-vous avec les maires se succèdent : « j’en ai fait pendant tout le mois d’août » note ainsi Daniel Fraczack.

Quel est l’enjeu pour le parti de Marine Le Pen ? Honnêtement il est minime… Il y a très, très, très peu de chances pour qu’il obtienne ne serait-ce qu’un élu « même si personne n’avait vu venir les élections de Stéphane Ravier ou David Rachline » tiennent à rappeler les candidats. En fait, déjà avec quelques dizaines de voix, le parti estimerait le pari remporté car cela montrerait qu’il peut convaincre, notamment des élus de communes rurales.

C’est d’ailleurs essentiellement sur la défense du monde rural que le FN axe sa campagne : « le désengagement de l’Etat et les fusions de communautés de communes ont été mal vécus. Il n’est pas normal qu’un habitant de Tours reçoive quatre fois plus d’aides publiques qu’un citoyen du monde rural. Il faut aussi pérenniser les finances de nos communes. Comment penser aux investissements si les rentrées d’argent changent tous les ans ? Dans le monde rural il y a un sentiment d’abandon. Par exemple on ne parle plus de la D943, de la ligne SNCF Tours-Loches ou du désenclavement du Lathan. Que des promesses ! »

Des piques à Serge Babary ou aux Insoumis

Et puis, bien sûr, un lancement de campagne du FN sans parler immigration ne serait pas un vrai lancement de campagne : « les communes rurales risquent d’avoir à gérer un afflux de migrants » craint Daniel Fraczak.

Pour le reste, les frontistes ont commenté la campagne des autres partis, se délectant des retournements de vestes, des socialistes allant à En Marche ou du maire de Tours « qui ne tient pas ses promesses ». Et puis une pique pour les insoumis qui ne présentent pas de candidats : « pour lever le poing ils sont forts mais cette opposition show biz est aux abonnés absents quand il s’agit de défendre la ruralité. »

Olivier Collet