Tours

Un grand opéra chinois en Touraine

Le spectacle sera en partie filmé pour une diffusion dans le pays le plus peuplé du monde.

C’est plutôt une bonne façon de faire rayonner la Touraine. Le samedi 26 novembre, l’Escale de St-Cyr-sur-Loire va accueillir une troupe d’opéra chinoise réputée pour un spectacle inédit dans la région. Un coup de chance pour l’association qui l’organise, Culture Chine Touraine. Proche de l’Institut Chinois, elle a été créée il y a un an dans le but de mieux faire connaître la culture du pays ici. Ca a commencé avec un spectacle (complet) pour le Nouvel An chinois, et ça s’est poursuivi en cette rentrée avec une autre représentation au moment de la remise des diplômes des élèves ayant passé leur examen de chinois.

Avec ce troisième rendez-vous Culture Chine Touraine passe la seconde. Une belle opportunité organisée assez rapidement : « ma femme qui dirige l’Institut Chinois a notamment des contacts avec l’ambassade de Chine en France et le Centre Culturel de Chine à Paris. En fin d’été, on nous a demandé si cela nous intéressait de recevoir cette troupe qui passera en France, mais aussi en Belgique et à New-York. Évidemment, on a dit oui » raconte Sylvain Bonneau, le président de l’association. 

« Il s’agit d’une troupe de 35 artistes spécialement montée pour l’occasion : des acteurs, des danseurs et 13 musiciens qui joueront en live acoustique avec des instruments inconnus chez-nous. Ils joueront deux pièces issues du répertoire traditionnel, très connues là-bas. Écrites aux XVème et XVIème siècles, elles ont été remaniées au XIXème siècle, une pratique assez courantE en Chine. » Un opéra dirigé par Chen Shengli, « l’un des plus grands acteurs d’opéra de la précédente génération », ajoute Sylvain Bonneau, « son nom suffira à faire de Ces artistes des stars internationales à leur retour. Et ils seront suivis par une équipe de télévision qui filmera le spectacle tourangeau et en diffusera une partie sur CCTV1, la première chaîne publique chinoise, et CCTV11, chaîne dédiée à l’opéra. »

« Les Chinois ont comme objectif affiché de promouvoir et faire connaître leur culture. C’est donc le gouvernement qui rémunère les artistes et paye les déplacements via la Ville de Shenzen, la 4ème plus grande de Chine. Nous avons juste à financer la salle » poursuit Sylvain Bonneau. La représentation est donc prévue à l’Escale de St-Cyr-sur-Loire, avec un public maximum de 300 personnes.

"Une petite affaire chinoise" ?

Mais Culture Chine Touraine a eu bien du mal à trouver une scène pour l’accueillir : « au départ on avait réservé la salle Thélème de l’université car le spectacle était prévu le vendredi », commence Sylvain Bonneau, « les Chinois ont finalement annoncé qu’ils viendraient le samedi et la salle n’était plus disponible à cause d’une répétition. Nous avons alors sollicité la mairie pour la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville que nous savions libre mais ce n’était pas possible non plus, pareil dans la salle polyvalente du Sanitas. » Tout ça pour « des raisons de personnel » d’après les élus mais aussi à cause de l’installation des bureaux de vote pour la primaire de la droite et du centre dont le 2ème tour a lieu le dimanche.

« C’est dommage, on voulait promouvoir la ville de Tours mais on a dû regarder ailleurs dans l’agglo » poursuit le président de Culture Chine Touraine qui a fini par trouver refuge à l’Escale « mais c’est deux fois plus cher. » Heureusement, il a pu trouver deux sponsors (le restaurant L’Etoile de Chine à Tours et Indena) qui garantissent un événement à l’équilibre. Les places sont elles vendues entre 4 et 8€ (avec la possibilité de réserver en ligne).

Frustré, Sylvain Bonneau a demandé un rendez-vous en mairie de Tours pour obtenir des explications sur ces refus. « Ce serait une succession de malentendus et nous avons désormais une volonté commune d’un partenariat plus étroit à l’avenir » confie-t-il à la sortie, rassuré, d’autant qu’il a obtenu l’assurance de pouvoir organiser une semaine entière dédiée à la culture chinoise du 23 au 28 janvier 2017 (ce qui n’était pas gagné d’avance).

« On sent qu’à Tours, il y a désormais une grande prudence dès que l’on veut faire quelque chose avec la Chine, suite à l’affaire des mariages chinois. A chaque fois que l’on rencontre des élus, on nous en parle. On comprend que la ville prenne des précautions, nous en prenons aussi en ne demandant pas de subventions. » Les choses semblent pourtant sur le point d’évoluer, voire de s’apaiser, Tours multipliant par exemple les marques de sympathie vis-à-vis de sa ville jumelle de Luoyang avec souvent pas mal de communication.

Olivier COLLET