Tours

Tours hausse le ton pour lutter contre le bruit

Il y aura notamment plus de contraventions.

Une étude publiée cet été estime qu’en France, le coût social du bruit est de 57 milliards d’euros (ce qui inclus les dépenses de santé ou la perte de productivité au travail par exemple). « Le bruit ça suffit » crieront dès aujourd’hui des affiches placardées dans la ville de Tours. La municipalité de Serge Babary – qui avait déjà lancé une campagne de pub sur ce thème en début de mandat – fait donc de la lutte contre les nuisances sonores une de ses priorités. « Le bruit c’est la première nuisance en ville » souligne le maire qui reconnait tout de même que c’est « complexe » de lutter. Et que ça ne peut pas seulement passer par de la répression.

A Tours, quand on pense bruit, il y a deux choses qui viennent spontanément à l’esprit : les fêtes dans le Vieux-Tours et les rodéos à moto-scooter-quad (cochez la bonne réponse…) dans les rues (exaspérés, des habitants du Sanitas avaient lancé une pétition cet été. Ca grognait aussi aux Rives du Cher). Sachez-le : 20% des interventions de la police municipale tourangelle sont liées au bruit, soit une centaine de sorties chaque mois (80% ont lieu la nuit, ce qui n’a rien d’étonnant). L’an dernier, 250 d’entre elles ont donné lieu à un PV (l’amende encourue est de 68€ que ce soit pour une voiture trop bruyante ou un tapage nocturne).

Ce constat posé, on fait quoi ? Il y a les mesures structurelles : « depuis que l’A10 est limitée à 90km/h au lieu de 110 dans la traversée de Tours le bruit a baissé de 2 décibels » note Yves Massot, adjoint en charge notamment de la circulation qui ajoute qu’aujourd’hui, « 98% des rues sont en zone 30 » (les dernières en date aux Prébendes). Il y a aussi les actions dans les établissements scolaires : 8 500 collégiens sensibilisés à la sécurité routière et aux nuisances sonores par exemple. « On va aussi aller voir 1 500 enfants dans les classes de CM2, et intervenir dans les lycées ou à l’Université. »

Dans le cadre de la campagne en elle-même, en plus des affiches, des sous-bocks reprenant le visuel « Le bruit ça suffit » seront notamment distribués au Restau U, le 02 47 70 88 88 devient le numéro de téléphone unique pour tout souci lié au bruit, 24h / 24 « pour ne plus être baladé dans les différents services » explique le directeur de la police municipale Franck Boyer. Et puis la ville s’est équipée d’un nouveau sonomètre, cet appareil qui permet de mesure la quantité de bruit à un moment donné. Même s’il n’est pas obligatoire pour dresser un PV, il permet de fournir une preuve. Par exemple, les véhicules ne doivent pas dépasser de plus de 5db le quota de bruit indiqué sur la carte grise. On estime par ailleurs qu’il y a un vrai risque pour la santé lors d’une exposition prolongée à plus de 85db.

Donc ça, c’est pour la méthode douce. Dans la majorité des cas, la prévention continuera d’ailleurs d’être employée (pour une fête bruyante chez un particulier, il n’y aura par exemple pas de PV du premier coup mais seulement si les nuisances ne cessent pas). En revanche, pour les rodéos dans les quartiers, la fermeté va devenir la règle promet l’adjoint en charge de la sécurité Olivier Lebreton, même si les interpellations sont rares, « cela dit grâce à la vidéosurveillance, il nous arrive de faire des visites de caves et de confisquer des véhicules. »

Enfin, concernant les bars, « une dizaine d’établissements (sur 200) posent problème à cause de la musique ou des attroupements devant les entrées » ajoute l’élu qui fait des réunions mensuelles avec les établissements du Vieux-Tours ou de la Rue Colbert. Il y a eu des sanctions ces derniers mois (interdictions de terrasses ou fermetures administratives) et la menace reste d’actualité.

Olivier COLLET

A noter que parfois, c’est aussi la ville qui fait trop de bruit. Les riverains de la cathédrale se sont plaints du volume du spectacle son et lumières « on a baissé et on a avancé les horaires » expliquent les élus.