Tours

Tramway : Tours peut-elle se permettre de construire une deuxième ligne ?

Selon un rapport de la Chambre Régionale des Comptes ce serait tendu.

Lundi soir lors du conseil communautaire de Tour(s)Plus, il n’y avait pas que le sujet de la métropole qui était important. D’une manière détournée, les élus ont aussi évoqué le dossier (sensible car coûteux et stratégique) de construction d’une deuxième ligne de tramway que le président Philippe Briand promet de lancer avant la fin de son mandat en 2020 (pour une mise en service bien plus tard).

Dans l’ordre du jour, les conseillers communautaires étaient invités à prendre acte d’un rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur les investissements de l’agglomération en terme de transport. Un texte qui, en substance, indique que vu ce qui a été dépensé pour la ligne A, une ligne B serait un gros risque financier, ce serait « dangereux » (le premier chantier a coûté plus de 400 millions d’euros tout confondu, l’agglo en a emprunté 300).

« J’entends que les finances sont tendues sur les transports » reconnait le président avant de nuancer : « la première ligne a nécessité un investissement important parce qu’il y avait un environnement tout autour (le centre de maintenance, notamment, ndlr). Nous avons donc un surinvestissement. Par ailleurs, la capacité de transport a été largement dépassée (plus de 60 000 voyages validés chaque jour, ndlr). Cette analyse mérite de poser le regard. De réfléchir sur la manière de préparer l’éventuelle deuxième ligne. » En bon chef d’entreprise dans l’immobilier, Philippe Briand estime aussi qu’il y a moyen de renégocier les emprunts contractés : « de 4% on pourrait passer à 2% et gagner 6 millions d’euros pour financer la deuxième ligne. »

L’élue socialiste Cécile Jonathan est sur la même longueur d’ondes : « la recommandation de la Chambre Régionale des Comptes ne dit pas directement que nous ne sommes pas en capacité de financer les travaux. Sa recommandation c’est de mettre en place un contrôle interne pour les objectifs chiffrés. » Et la maire de St-Pierre-des-Corps Marie-France Beaufils de renchérir : « la ligne A ne doit pas être qu’une ossature. Pour garder la dynamique, d’autres lignes sont nécessaires » (comme dans sa commune, évidemment). Des discussions sur le sujet doivent avoir lieu dans les prochains mois afin que des décisions fermes aboutissent avant la fin de l’année. Mais il est aujourd’hui clair qu’il y aura au moins un creux de près de dix ans entre l’inauguration du tram A et celle de son dauphin. 

O.C.