Tours

Tours inaugure son 28ème marché aux Deux-Lions

Va-t-il marcher ?

L’adjoint de quartier Julien Alet l’assure : « ce marché, c’était la première demande des habitants des Deux-Lions. » La voilà satisfaite. Sous un très beau Soleil de printemps, une large bande du conseil municipal de Tours et des copains des Républicains et de l’UDI sont venus jouer les chineurs au beau milieu des 18 commerçants installés entre les quais du tram de l’Heure Tranquille, sur une place spécialement aménagée pour eux et sur laquelle ils pourront désormais revenir chaque mardi, de 16h à 19h.

Produits italiens, olives, poissons, pâtisseries, fraises, vêtements, paniers… Toute la panoplie du marché traditionnel est là, il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Le résultat « d’un an et demi de travail et de nombreuses réunions » confie Julien Alet, tout fier de déambuler sur cet espace goudronné dont l’aménagement a coûté 80 000€ et qui aurait pu devenir un parking. Vide, il en a malheureusement l’attrait d’autant que la couleur du goudron dénote un peu du reste des aménagements du quartier, dont le gris doux est plus agréable à l’œil.

Mais l’essentiel est là : c’est un point de départ, la preuve qu’il peut se passer quelque chose aux Deux-Lions, que ce quartier de 3 500 habitants accueillant chaque jour 4 000 travailleurs n’est pas juste une cité dortoir et un couloir où les populations se croisent sans s’arrêter. Ainsi, cette fameuse place du marché, elle aura aussi vocation à devenir un lieu d’animation, pour la brocante du comité de quartier par exemple, ou lors de la Fête de la Musique (vu que le centre commercial a supprimé la grande Nuit Blanche qu’il organisait chaque année à cette date faute de moyens).

« J’ai eu peur pour ce marché… » concède Julien Alet après avoir aidé le poissonnier à bloquer son auvent, lui qui fuit pourtant dès qu’il y a des odeurs de la mer : « au départ il n’y avait que 4 à 5 commerçants motivés. Puis ils se sont tous décidés d’un coup. » Reste à convaincre la clientèle. L’élu est persuadé qu’il y a un créneau à prendre. D’où le choix de l’après-midi (avec le marché de Montjoyeux du vendredi, c’est le seul sur ce créneau) : « on n’imaginait pas les salariés venir faire leurs courses le matin avant leur journée de travail mais plus le soir en débauchant. » Idem pour le choix du mardi : « pour les étudiants qui repartent le week-end, c’est plus pertinent de faire leurs courses en début de semaine. » Il table aussi sur les Rives du Cher et ses 4 000 habitants : « ils sont à 5 minutes en tram et ils n’ont pas de marché. » Mais tous le savent, il faut souvent du temps pour que les habitudes se prennent : « on a déjà fermé des marchés au bout de quelques semaines » concède le maire Serge Babary dans son discours inaugural, en croisant les doigts pour que la mayonnaise prenne aux Deux-Lions…

Olivier COLLET