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Marie-France Beaufils présente la douloureuse

La sénatrice-maire communiste de St-Pierre-des-Corps a présenté des vœux revendicatifs vendredi soir.

Le buffet est frugal, les habitants de St-Pierre-des-Corps ne semblent pas être venus pour ça. La salle des fêtes est pleine, et c’est Marie-France Beaufils qu’ils sont venus écouter. La sénatrice-maire communiste livre ses vœux pour 2017, année « particulière » selon elle. Sur 13 pages de discours, beaucoup de revendications, des démonstrations mathématiques et peu de raisons de se réjouir.

L’élue commence sur la politique nationale, déplore l’austérité et la baisse des investissements, passés « de 86 milliards d’euros en 2012 à 67 milliards en 2016, affectant durement l’activité économique et l’emploi. » Puis critique François Fillon et sa promesse de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires ou sa volonté de revoir le fonctionnement de la sécurité sociale (proposition que le candidat de la droite semble désormais avoir mis en retrait, face à la polémique).

Marie-France Beaufils se prend aussi à imaginer une France qui lutterait plus contre les fraudes des entreprises que celles aux cotisations sociales et critique vertement le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) qui n’a permis que de créer ou conserver que « 50 000 à 100 000 emplois »… Et de s’alarmer encore : « l’impôt sur les sociétés apportait près de 41 milliards d’euros à l’Etat en 2012, ce ne seront que 30 milliards en 2017. » « J’espère que lors de ces élections un véritable débat aura lieu sur la contribution de chacun aux charges collectives. »

Sur ce point, la représentante communiste estime avoir largement rempli son contrat, rappelant que la baisse des dotations de l’Etat a fait perdre 3,5 millions d’euros à St-Pierre-des-Corps en 3 ans, geste « aux conséquences lourdes pour le service rendu aux habitants, pour l’entretien des bâtiments, de la voirie, pour les entreprises du BTP et donc pour l’emploi. » 23 postes ont par ailleurs été supprimés dans les services. Et la sénatrice-maire de plaider pour « une relance de l’investissement public » dans les communes, proposant par exemple de s’inspirer des travaux de rénovation pour une meilleure isolation et accessibilité réalisés sur les tours de l’Aubrière et du Grand Mail (et en ce moment aux Mastabas) avec des aides de l’Etat et des collectivités : « combien de logements dans les bâtiments de quatre étages sans ascenseur devraient aux aussi bénéficier de cette accessibilité ? Le chantier est considérable, les organismes HLM ne pourront pas le réaliser seuls. »

Autre vif sujet d’inquiétude pour Marie-France Beaufils : le chômage qui touche 20% de la population active de la ville, soit plus de 1 500 personnes. Et ce malgré quelques signes positifs pour l’emploi comme les contrats signés par Faiveley ou l’installation d’Imateq (entretien de locomotives) sur le site du Magasin Général, avec 30 emplois promis en 2018 et 65 à terme. Alors pour le développement, l’élue continue de réclamer l’arrivée du tramway : « quand on est à la recherche d’un emploi, ça peut être décisif. » Mais ses doléances ne semblent pas majoritaires du côté de Tour(s)Plus…

D’ailleurs, dans ses vœux, Marie-France Beaufils a aussi rappelé son opposition à la métropole, insistant justement sur la perte d’audience de St-Pierre-des-Corps qui ne comptera que 4 conseillers métropolitains sur 82 contre 3 sur 55 aujourd’hui : « cette transformation se fait dans une conception de compétition, de lutte les uns contre les autres pour se montrer plus attractif qui n’est pas la nôtre. »

De plus, elle craint que la situation ne soit encore plus compliquée pour l’investissement (déjà passé de 4 millions d’€ à 1 million sur sa commune de 2013 à 2016) mais espère encore développer des projets et donne une priorité : la jeunesse, avec une réorganisation du service municipal de la jeunesse pour « le réinstaller au plus près du terrain. » En parallèle, elle s’estime impuissante déclarant : « la situation des pré-ados et ados nous soucie et il est de plus en plus nécessaire que le Conseil Départemental prenne mieux en compte la réalité du terrain et renforce l’équipe d’éducateurs de rue. » Et de conclure en citant Mandela : « l’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde. »

Olivier COLLET