Indre-et-Loire

« On est resté à fond »

La majorité de gauche du conseil régional fait le bilan de sa première année de mandat.

« Il y a un an pendant la campagne, ça se voyait qu’on croyait vraiment à la victoire » se remémore la socialiste Cathy Munsch-Masset, aujourd’hui 1ère vice-présidente de la région Centre-Val de Loire. Le 13 décembre dernier, la gauche a en effet déjoué les pronostics et remporté les régionales au nez et à la barbe de l’alliance LR-UDI, grâce à ses bons résultats en Indre-et-Loire et une association avec les Verts, l’UDE et le PRG. Son slogan à l’époque : « A fond ma région » (un brin ringard, comme le sont souvent les slogans de campagne, le #MaTouraine de la gauche aux départementales 2015 n’était pas mal non plus dans son genre).

12 mois plus tard, « on est resté à fond » juge l’Amboisienne Isabelle Gaudron, également membre de la majorité. « On a beaucoup travaillé et peu communiqué » résume pour sa part le chef du groupe PS Jean-Patrick Gille qui se décide donc à faire un bilan avec son équipe.

« 40 de nos 77 propositions de campagne sont engagées » assurent les élus rassemblés derrière le président François Bonneau (sur le document qu’on nous a remis et qui les détaille, on en compte seulement 32), « la région est de plus en plus impliquée dans la vie quotidienne des gens » affirme pour sa part le conseiller régional Pierre-Alain Roiron. De fait, outre les lycées, la formation professionnelle ou le tourisme dont il avait déjà la charge, le Conseil Régional récupère la gestion de tous les transports scolaires et périurbains dès le 1er janvier 2017 et renforce son influence en matière économique. En Centre-Val de Loire, il choisit aussi de s’engager pour le Très Haut Débit, « même si ce n’est pas une obligation. » En Indre-et-Loire, 35 millions d’euros y seront consacrés d’ici 2023, hors agglo de Tours, ce qui représente 30% du montant des installations à réaliser.

« En 2017 nous allons maintenir notre taux d’investissements à 300 millions d’euros » souligne Mélanie Fortier (PRG), rappelant que les agences de notation financière ont plutôt un regard bienveillant sur la gestion des comptes en Centre-Val de Loire (la région à la note AAA). Le nouveau budget sera voté d’ici deux semaines et il sera d’1,3 milliard d’euros, soit 190 millions de plus que pour 2016 (notamment suite à la prise de nouvelles compétences et malgré les 18 millions d’euros en moins versés par l’Etat).

« Nous allons doubler le budget de l’innovation, on maintient le soutien aux emplois associatifs Cap’Asso, nous allons créer un service public régional de l’énergie et une Agence Régionale de la Biodiversité, nous faisons la promotion de la démocratie participative… » énumère Jean-Patrick Gille. Rappelons tout de même que le début du mandat a aussi été marqué par la polémique autour de la suppression du dispositif Culture O Centre dont la mission était de soutenir les associations des 6 départements de la région.

Là où la région est très attendue, c’est sur la question de l’emploi, même si, sur un an, le chômage est en baisse. « Nous allons signer un contrat en début d’année prochaine afin d’établir une stratégie en matière de formation sur le mandat » détaille Isabelle Gaudron qui a en charge ce dossier. 47 millions d’euros seront mis sur la table pour soutenir les chômeurs.

Grâce aux renforts du gouvernement, 12 000 formations supplémentaires pourront être financées en 2016 en Centre-Val de Loire soit un total de 32 000, plus de 25 000 ayant déjà été attribuées fin octobre, dont environ un quart en Touraine. Il faudra ensuite faire un bilan précis de ce que cela aura apporté aux demandeurs d’emploi en question (un travail, ou pas ?). Les entreprises pourront également bénéficier d’un guichet en plein centre-ville de Tours, juste à côté de la gare. 25 personnes de la région travailleront dans cette agence économique qui remplacera les locaux discrets occupés actuellement Avenue Maginot à Tours Nord.

O.C.

Les élus de la majorité régionale tiennent un inventaire de leurs actions sur www.elus-srd-centrevaldeloire.fr