Samedi 17 octobre, la préfecture d’Indre-et-Loire annonçait 12 000 personnes manifestant contre la vie chère, pour le partage des richesses, pour une amélioration des conditions d’apprentissage ou contre les violences policières. D’autres sources évoquaient entre 10 et 15 000 personnes dans le centre-ville. L’ampleur du cortège a été éclipsée par les violences qui ont éclaté à partir de 17h et qui ont défiguré le centre-ville mais il faut bien retenir l’ampleur assez rare de ce défilé. Même pendant la colère contre la réforme des retraites de 2023 on n’avait pas atteint une telle foule.
Qu’en sera-t-il ce samedi 24 octobre alors qu’un Acte II est programmé à partir de 14h Place Jean Jaurès ?
C’est une grande question. En période de vacances scolaires, les mobilisations peuvent avoir tendance à se tarir. C’est d’ailleurs pour ça que le prochain rendez-vous intersyndical – avec appel à la grève générale de la CGT – n’est annoncé que le jeudi 5 novembre. La peur de se retrouver dans des violences peut aussi dissuader. De plus, Orléans accueille samedi et dimanche un congrès du Rassemblement National avec des appels à manifester massivement contre les idées d’extrême droite. Des Tourangeaux devraient s’y rendre, ce qui pourrait avoir un impact sur les actions ici.
Néanmoins, la force de l’Acte I pourrait aussi être de nature à galvaniser, d’autant que pour beaucoup le gouvernement n’a apporté aucune réponse concrète à la colère, se contentant d’une surenchère sécuritaire.
Du côté des autorités, les débordements du 17 octobre ne semblent pas pour le moment de nature à entraîner la mise en place d’un couvre-feu ou même d’interdiction totale de défilé contrairement à Rouen, à Toulon ou au Havre. Néanmoins, la préfecture se réserve le droit d’interdire la manifestation car il n’y a pas eu de déclaration en amont comme l’exige la loi.
Dans tous les cas, le dispositif de sécurité sera différent. Si la mobilisation est interdite, il faudra quand même des forces de l’ordre pour faire respecter cette décision. L’envoi de renforts à Tours n’est pas exclu, tout comme davantage de protections des sites stratégiques. De leur côté, les commerçants anticipent en protégeant leurs vitrines et en annonçant un rassemblement dès 11h devant l’Hôtel de Ville puis une surveillance rapprochée des boutiques.
La mairie de Tours a, pour sa part, proposé la mise en place d’une boucle d’information avec les entreprises pour les informer en temps réel en cas de troubles, afin d’anticiper au mieux d’éventuelles difficultés. A noter que la circulation en centre-ville de Tours risque d’être particulièrement difficile une bonne partie de l’après-midi, en voiture comme en transports en commun.


