« Face aux violences, nous choisissons la solidarité » : 200 personnes pour soutenir les commerces saccagés à Tours

3 jours après les débordements survenus en marge de la manifestation contre la vie chère, la Rue de Bordeaux de Tours reste meurtrie. Presque toutes les vitrines sont abimées entre la Place Jean Jaurès et le croisement avec la Rue Michelet. « On ne sait pas quand on va pouvoir rouvrir » souffle la représentante d’une enseigne internationale dont la boutique a été cassée et pillée ce 17 octobre. Selon elle les pertes et dégâts se chiffrent en centaines de milliers d’€.

Pour déplorer ces conséquences et soutenir les entreprises visées, les associations commerçantes de Tours appelaient à former une chaîne humaine entre le Printemps et la station de tramway ce mardi après-midi. Près de 200 personnes ont répondu à l’appel : des commerçants, donc, mais aussi des élus (l’adjoint au maire chargé du commerce + des représentants des Républicains ou du Rassemblement National), des responsables politiques, des représentants de la Chambre de Commerce et d’Industrie ou encore des anonymes.

« C’est un message de solidarité et d’espoir. Face à la violence nous choisissons la solidarité » a déclaré Lucie Plisson de l’association Destination Tours en ouverture de la manifestation « Nous ne sommes pas ici pour nous opposer aux manifestants mais nous refusons que la violence et la peur s’installent en ville » a-t-elle poursuivi en appelant à des rassemblements citoyens chaque samedi « tant que nécessaire » pour soutenir et protéger les commerces. Le premier aura lieu ce 24 octobre dès 11h à l’Hôtel de Ville, 3h avant le début du défilé revendicatif.

« Je suis surprise de tout ce monde. Cela fait du bien, nous ne sommes pas seuls. La dernière fois qu’on s’est tenus la main comme ça c’était pour la victoire en Coupe du Monde de foot » réagit également Valérie, commerçante historique de la rue. « Depuis samedi il y a des hauts et des bas mais je veux me battre » dit-elle, s’inquiétant d’éventuelles violences lors de prochaines manifestations.

En réponse, la mairie annonce la création d’une boucle de sécurité pour informer les commerçants en temps réel d’éventuels troubles. Des réunions de suivi auront lieu chaque semaine pour accompagner les entreprises touchées. Il est question de débloquer des aides pour les boutiques ayant perdu du chiffre d’affaire si leur assurance ne prévoit pas ce type de couverture.

De premières pistes qui se complètent avec des dispositifs annoncés par la CCI ou la Banque Populaire Val de France mais certains veulent bien plus.

« On attend des actes forts comme la rénovation des pavés ou le bus gratuit certains jours » nous dit-on. Un rendez-vous a été sollicité avec le préfet pour lui demander une meilleure protection des forces de l’ordre et certains suggère que la ville réaffecte le million d’€ alloué au budget participatif à la dynamique commerçante même si « on sait que ce n’est pas fait pour ça, mais il faut voir où sont les priorités ».

« L’urgence c’est de réparer et de sécuriser l’activité pour les prochaines semaines » répond l’adjoint au maire Iman Manzari qui a relayé les doléances au bureau métropolitain lundi soir. « Je n’aurai pas de réponse immédiate » reconnait-il néanmoins mais il rappelle que pour la question des transports, des tarifs préférentiels sont déjà proposés chaque week-end en décembre.

L’info en plus : en fin de rassemblement, un groupe d’une quinzaine de jeunes a défilé Rue de Bordeaux en pleurant ironiquement devant les vitrines brisées et en scandant des slogans de soutien à Maël, le lycéen de 16 ans qui a perdu un œil à cause d’un tir de LBD de la police le 30 septembre aux Prébendes. Encadré de près par la police municipale, leur passage a été copieusement hué par la foule, notamment les jeunes issus du RN.

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