Tours et Orléans : une bonne année de partage ?

Les deux villes s’affichent de plus en plus ensemble.

Ce lundi soir il y avait tout le monde aux voeux de la Ville de Tours dans la grande salle des fêtes de l’Hôtel de Ville : armée, représentants religieux, MEDEF, élus… Et pas que des Tourangeaux. Le maire d’Orléans Olivier Carré a eu le droit à un salut très appuyé de la part de son homologue Serge Babary. Celui qui est également député a donc fait le déplacement de 100km exprès pour la soirée malgré un agenda que l’on devine également bien chargé en ce début de mois de janvier, c’est un symbole qui compte. De notoriété publique, pendant longtemps, Tours et Orléans s’ignoraient, au mieux. Il n’y a qu’à regarder comment ont pu réagir certains élus du Conseil Régional quand Jean Germain y avait toute son influence et était accusé de privilégier Tours.

Mais depuis plusieurs mois, le rapprochement est chaque fois un peu plus net. Le maire de Tours en a rappelé l’origine : le dossier French Tech Loire Valley avec « une labellisation (par le gouvernement, ndlr) qui ne saurait tarder » a-t-il espéré à la tribune. Il y a également eu cette balade en bateau sur le fleuve l’an dernier, avec Serge Babary et Christophe Bouchet partis sur les terres orléanaises, un épisode que les élus ne s’étaient pas privé de partager sur les réseaux.

Tours a de bonnes raisons d’aller vers Orléans : la capitale officielle de la région Centre-Val de Loire est prospère. Son budget est plutôt sain, et les projets y sont nombreux : nouveau quartier Interives avec mix de logements et d’activités vers la grande gare de Fleury-les-Aubrais (leur St-Pierre-des-Corps à eux, avec un téléphérique !), chantier de salle de sport géante de 8 000 places à l’horizon 2019 à deux pas d’un parc des expositions et d’un Zénith repensés ou encore refonte des zones commerciales avec la construction d’un Ikéa et celle d’un Décathlon. Des chantiers lourds et dans l’ensemble bien avancés. Surtout quand on rappelle que là-bas il y a déjà deux lignes de tram.

Comme Tours, Orléans veut rayonner et étendre son influence le plus loin possible. Notre TVB est en Ligue des Champions, les handballeuses de Fleury-les-Aubrais aussi par exemple. Le nouveau complexe du parc expo orléanais (dont l’esquisse traînasse quand même depuis des années) a pour objectif d’accueillir des rendez-vous d’envergure internationale. Les Fêtes de Jeanne d’Arc ou le Festival de Loire (tous les deux ans) remplissent la ville. Y’a de quoi être un peu jaloux. Alors pour ne pas risquer d’être dépassée par les événements, Tours se doit d’entretenir de bonnes relations de voisinnage, de s’inspirer sans copier pour réussir à reconquérir ses quais de Loire comme Orléans y est parvenu et compter un peu plus sur l’agenda des grands moments de la vie publique et culturelle.

Au fait, qu’on ne nous fasse pas dire que l’on ne voit Tours que comme un vassal d’Orléans. Notre ville a aussi à apporter à la préfecture du Loiret. Avec une vie étudiante plus prospère, une scène musicale locale plus vivante ou des atouts touristiques plus nombreux. Surtout, le principal problème de Tours et Orléans serait de parvenir à faire en sorte que leurs habitants arrêtent de se chambrer si fort les uns les autres. Parce que les affichages politiques c’est bien mignon mais dans la vie des gens ça ne change pas grand chose. Voilà en tout cas un beau défi à relever pour les deux maires qui ne cessent d’insister sur leur amitié. 

Olivier COLLET

 

Photo : quand le maire de Tours était à Orléans en septembre (Facebook C. Bouchet).

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