dimanche 25 septembre, 2022
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[Photos du jour] Les vignerons de Touraine encore en lutte contre le gel

Des bidons qui crépitent ou des éoliennes qui chassent l’air… C’était encore le tableau ce lundi matin dans plusieurs vignobles d’Indre-et-Loire, comme ici du côté du hameau de Husseau à Montlouis. Face à des températures annoncées en dessous de 0° pour le 2e jour consécutif, les professionnels se sont levés aux aurores afin de déployer les dispositifs contre le gel. L’idée étant de brasser ou réchauffer l’air pour éviter que les bourgeons grillent quand les températures sont au plus bas et que les premiers rayons du soleil arrivent.

Cette situation, les viticulteurs ne la connaissent que trop bien ces dernières années. Elle se répète de manière quasi incessante depuis 2016 : la floraison se développe pendant les derniers jours d’hiver et les premiers jours de printemps, bien aidée par des températures douces. Puis un brutal refroidissement vient fragiliser l’ensemble début avril. En 2021, c’est ce qu’il s’est passé, certaines exploitations perdant tout ou presque en une ou deux nuits exactement à cette période.

Alors quand la météo a annoncé des températures fortement en baisse pour ce dimanche 3 et ce lundi 4 avril le stress était à son comble. Les prévisions se sont avérées justes : « On a eu jusqu’à -6/-7° sur certaines parcelles, comme l’an dernier » relève Benoit Gautier, le président de la Fédération des Associations Viticoles d’Indre-et-Loire et de la Sarthe, lui-même installé en appellation Vouvray. Des valeurs relevées aux environs de 6-7h du matin.

Globalement Météo France a annoncé qu’on avait vécu la nuit de début avril le plus froide depuis 1947.

Pour quel bilan ? « On va attendre dans les jours qui viennent pour voir la suite. Si le soleil a détruit les bourgeons, si l’humidité était présente ou pas » poursuit le vigneron. « Je pense qu’il y aura des dégâts, mais à mon avis ils seront moins dommageables que ce qu’on a eu sur d’autres années » parie pour sa part Damien Delecheneau (Montlouis). Même si, lui aussi, donne rendez-vous d’ici le milieu de semaine pour un bilan précis. Ce qui lui donne de l’espoir, c’est l’état d’avancement de la vigne avant le surgissement du gel : il est moins important qu’en 2021.

Cela dit, le gel peut encore frapper jusqu’au 15 mai. Donc les vignerons vont rester en alerte. Et c’est dur : « Ces épisodes qui se répètent sont difficiles à gérer et à assumer. C’est très anxiogène » commente Damien Delecheneau. Et c’est pareil pour les arboriculteurs qui ont dû protéger leurs arbres fruitiers et redoutent une nouvelle année pauvre en fruits. Certains cerisiers ou pommiers sont déjà foutus. Face au risque économique, le 1er ministre a déjà annoncé que le gouvernement mobiliserait des aides (il l’avait déjà fait les fois précédentes).

Olivier Collet

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