Tours

Opération Sentinelle : à Tours, les militaires occupent le terrain

Ils sont 70 à se déployer jusqu'à la fin du mois en Indre-et-Loire.

"C'est une mission exceptionnelle pour une situation exceptionnelle" : voilà comment le Général Jean-Yves Lauzier, commandant de la Place de Tours, définit l'opération Sentinelle qui a débuté cette semaine dans tout le pays et en Indre-et-Loire. "Les forces ont été rééquilibrées entre Paris et la province" explique le chef militaire, et ce afin de coller aux habitudes des Français, plus nombreux à rejoindre la province l'été. Depuis quelques jours, ce sont donc 70 hommes qui patrouillent en armes à Tours et en Touraine : "les Tourangeaux vont les voir tous les jours" insiste le Général Lauzier.

Venus d'Angers et de Besançon, pour la plupart rappelés de permission alors qu'ils revenaient tout juste de mission en Polynésie Française, les soldats désormais logés en caserne à Tours sont là pour sécuriser la zone, assurer une vigilance de chaque instant face au risque élevé d'attentat mais aussi rassurer la population : "leur visibilité permet un effet de dissuasion."

Ce vendredi sur la Place Plumereau, alors que les premiers clients des bars commencent à commander, ils sont donc une dizaine à se poster près des rues permettant d'accéder aux terrasses. Au garde à vous, ils observent les allées et venues, jettent un oeil aux fenêtres du premier étage... Non loin de là, les policiers nationaux les accompagnent. Pendant deux semaines, ils seront avec les militaires pour les aider à mieux appréhender la ville et ses spécificités avant de les laisser seuls.

C'est bien sûr principalement dans les lieux à forte concentration touristique, festive et commerciale que l'on verra le plus les uniformes de l'armée. La gare de Tours, la guinguette, le Vieux-Tours, les Halles, les centres commerciaux le samedi après-midi... Ils iront aussi dans les châteaux ou sur les grands événements comme la Forêt des Livres près de Loches fin août, le marché médiéval de Chinon dès la semaine prochaine ou le rassemblement des catholiques le 15 août à l'Île Bouchard. Ils sécuriseront aussi les sorties de lieux de cultes, une mission déjà prévue avant même l'attentat de St-Etienne-du-Rouvray en début de semaine.

"Certaines personnes sont surprises de nous voir... D'autres sont rassurées..." explique un militaire qui vient d'échanger avec des touristes britanniques. Leur vigilance, leurs réflexes seront capitaux au moindre incident. D'où aussi l'intérêt de ne pas s'épuiser malgré 7-8h de patrouille par jour, voire plus : "ils auront des phases de récupération. C'est un principe clé. Leur principal ennemi c'est la fatigue" précise le Général Lauzier.