Tours

La restauratrice qui fait de la Résistance au gluten

Julia Meurdesoif vient d’ouvrir un restaurant / salon de thé « gluten free » Place de la Résistance. Le premier du genre à Tours.

Elle aurait pu ouvrir un site de vente en ligne ou un drive, finalement depuis deux mois elle est à la tête d’un restaurant et salon de thé en plein cœur de Tours. Le point commun entre ces trois projets de Julia Meurdesoif ? Ils portent tous l’étiquette « sans gluten », parce que la jeune femme y est intolérante tout comme sa fille de 7 ans et qu’elle connait bien le calvaire des autres intolérants à la recherche d’un menu compatible avec leurs exigences alimentaires : « en général, les restaurateurs sont très embêtés ou alors mal informés sur les risques d’allergies… » s’inquiète cette ancienne secrétaire médicale reconvertie.

Car si le sans gluten est vu par certains comme un régime de mode ou par d’autres comme une opportunité industrielle, il est avant tout une nécessité pour toute une partie de la population qui risque des réactions violentes (pouvant aller jusqu’au coma) en cas de consommation de blé. « Du gluten, on en trouve partout : dans le pain, la charcuterie, le chocolat… » explique Julia Meurdesoif précisant que même des produits qui ne sont pas à base de blé peuvent en contenir si l’usine dans laquelle ils ont été fabriqués élabore également des recettes contenant cet ingrédient nocif. Résultat : elle n’achète pratiquement aucun produit cuisiné dans les supermarchés, même si ces derniers commencent à s’adapter ces derniers temps « en commercialisant par exemple des pasta box sans gluten. »

« La France est en retard par rapport à d’autres pays » insiste bien Julia Meurdesoif qui a donc entrepris d’ouvrir ce qu’elle a vu partout ailleurs : un établissement « gluten free » en plein centre de Tours, Place de la Résistance. « J’ai toujours été passionnée de cuisine. Ma mère cuisinait beaucoup et j’adorais ça. J’aimais bien touiller, lécher, J’ai très vite fait des expériences, des petits tests… Alors en grandissant j’ai poursuivi sur la même lancée au point de faire mes premiers choux à la crème un jour en rentrant de soirée à 4h du matin parce que je venais de découvrir la recette. »

La cuisine, aujourd’hui, la jeune femme ne peut plus s’en passer rapport à ses soucis de santé et à ceux de sa fille, également intolérante au lactose : « ça demande beaucoup plus de travail, il faut tout faire soi-même. » De longues journées derrière les fourneaux (elle attaque à 7h30 le matin) mais « Juju » (le nom de son commerce c’est Juju sans Glut’) tient le bon rythme et s’installe tranquillement dans le quartier séduisant « 60% d’intolérants au gluten et 40% de tolérants » venus des commerces voisins, de la Chambre de Commerce ou d’Industrie ou simplement de passage (même si la Place de la Résistance est loin d’être la plus vivante de Tours).

A la carte dès 11h45 (et jusqu’à 18h45) : entrées, plats et desserts du moment qui changent deux à trois fois par semaine, « suivant mon humeur et la météo » explique Julia Meurdesoif qui travaille avec du pain à la farine de riz sans gluten maison ou encore près de 2/3 de produits bio et souvent locaux (les légumes viennent de Fondettes par exemple).

Et cette fille, petite fille et arrière petite fille de commerçants le prouve : ce n’est pas parce que l’on mange sans gluten que l’on a pas le droit de se faire plaisir avec des bons gros muffins ou un carpaccio de salers et crudités. Le tout pour 10€90 à 13€90 selon la formule, moins de 3€ les boissons (thés bio, notamment), et une ambiance lumineuse, colorée et cosy du plus bel effet (la mezzanine n’attend plus que son aménagement pour les enfants prévu pour la rentrée).

A noter enfin : Juju peut aussi faire les gâteaux d’anniversaire et programme un brunch par mois le dimanche (avec un buffet sans glut’). Le prochain c’est justement cette semaine, à l’occasion de la Fête des Pères.

Olivier COLLET