Indre-et-Loire

Lilly Wood and The Prick, Hyphen Hyphen, DeWolff… Et Terres du Son sauta

La première soirée du festival nous a offert de très beaux moments de live.

Lilly Wood and The Prick a été associé à un tube mondial il y a deux ans grâce à un remix de Prayer in C par Robin Schulz. Bien sûr il l’a joué ce vendredi pour la première soirée de Terres du Son. Mais le duo français est naturellement une machine à tubes. Et les festivaliers du domaine de Candé de Monts ne s’y sont pas trompés, poussant même la chanteuse Nili à parler de son meilleur public depuis le début de l’été. Une foule qu’elle a tutoyé avec un tel naturel, la poussant à répondre immédiatement à tous ses désirs. Faire des étoiles avec les téléphones portables ? Check. Sauter et sauter encore ? Check. On ressort de cette heure d’électro avec la bougeotte. Et ça tombe bien, Hyphen Hyphen suit.

Quelle soirée ! Quel groupe ! Quelle énergie ! Quelle voix ! Les 4 niçois ont littéralement dynamité la scène Biloba pendant une bonne heure, malgré la voix un peu cassée de leur chanteuse Santa. Tous ont à peine plus de 20 ans mais ils semblent tourner depuis des années, si à l’aise qu’en bas de la scène la foule est tout simplement en feu, n’imagine même pas une seconde que tout ça pourrait s’arrêter.

Hyphen Hyphen, c’est ce genre de groupe lyrique et électrique capable de t’offrir l’intensité d’un bouquet final au bout de vingt minutes de concert. Puis il se calme, on finit presque par trouver cette période un peu longue mais c’est pour mieux repartir dans le dernier quart d’heure. Une anthologie, une leçon d’énergie. Santa est incontrôlable, descend dans la foule pour commencer à maquiller le plus de spectateurs possible de la même manière que les membres de sa tribu.

En fin d’aprem’, posés sous les arbres, on a pu prendre le temps de discuter. Il faut savoir que c’est la deuxième fois qu’Hyohen Hyphen vient à Terres du Son (ils sont aussi passés à Joué-lès-Tours en fin d’année dernière) et depuis leur dernière visite tout a changé (notamment avec l’obtention de la Victoire de la Musique de la révélation scène de l’année) : « heureusement que l’on a le replay de notre prestation parce qu’on ne s’en souvient pas. On avait une pression gigantesque. C’était une grande chance pour nous de pouvoir jouer devant des millions de téléspectateurs et d’essayer de les séduire. La victoire c’était une explosion, on ne s’attendait pas à gagner. On était proche de la folie. »

Minutieux, perfectionniste et semblant en proie à de nombreux doutes malgré leur confiance apparente, les membres d’Hyphen Hyphen qui ont toujours voulu faire de la musique leur métier depuis qu’ils se sont unis au lycée ont encore tendance à se voir comme des outsiders : « Pour nous ce disque c’est un grand enjeu, et on essaie de recréer cette envie de conquête sur scène. On est obsédé par le mot union (ils travaillent tous leurs titres à quatre, ndlr). Notre relation est bizarre, on est tout le temps ensemble, un peu comme une famille. On vit des choses que normalement on ne vit pas. On profite et on travaille. C’est sportif et on a du mal à avoir une hygiène sportive. On ne sait pas ne pas faire la fête. Tu sors d’un concert, forcément il y a toute l’adrénaline qui reste. C’est dur de rentrer se coucher. » Ça tombe bien, on n’y compte pas.

Dans le genre « groupe qui te réveille », il y avait aussi DeWolff. Trois néerlandais, trois sacrés rockeurs, tonitruants, remuants et surtout excellents musiciens, capables de partir dans des instrus semblant sans fin mais parfaitement maîtrisés. Ils ont livré un apéritif plus que relevé au Chapit’ô et c’est encore un souvenir bien intense. Tout comme celui d’Ibeyi qui les précédait. Parce que ces deux jumelles toutes jeunes ont de l’or dans les cordes vocales, que leurs origines multiples sont autant de qualités. Leurs chansons sont douces mais énergiques, entraînantes et poétiques. Dès son ouverture, Terres du Son 2016 a ouvert le coffre aux trésors.

Olivier COLLET / Photos : O.C. et James TECHER