mardi 16 août, 2022

Les Kurdes de Tours pensent aux assiégés de Kobané

Vendredi, une bonne cinquantaine de personnes participait à une manifestation de soutien aux Kurdes victimes de l’État Islamique.

Melek Radouane est un jeune homme sympathique. Il est agréable de discuter avec lui malgré la douleur enfouie en lui lorsqu’il évoque le sort de ses proches, les Kurdes, victimes de la furie de Daesh, notamment dans la ville de Kobané. Le jeune homme qui vit aujourd’hui à Tours y a une tante, mais cela fait longtemps qu’il n’a pas eu de nouvelles. La dernière fois qu’il l’a vue, c’était au printemps, lors d’un voyage en Syrie. Ce « beau pays » aujourd’hui ravagé par la guerre civile. Et pourtant il veut y retourner, malgré le danger, malgré les ruines. Parce que sa famille est là-bas, parce qu’il a peur pour elle.

« Ce que fait Daesh aux Kurdes, c’est plus que grave. C’est un massacre. Pour rien » se désole Melek Radouane, qui craint qu’une chute de Kobané n’entraîné une contagion des violences à la Turquie voire à tout le Moyen-Orient. Son espoir, il le place dans les mains de la France, de l’ONU. Son souhait c’est que des moyens financés soient débloqués, en priorité pour venir en aide aux réfugiés qui sont de plus en plus nombreux : 850 000 répartis au Kurdistan Irakien, Syrien ou Turc d’après l’association Solidarité France-Kurdistan 37. Elle explique aussi que 650 000 personnes, piégées dans les zones de combats, restent à secourir.

Pour tenter de faire éclore ses revendications, la communauté Kurde de Touraine a écrit une lettre au Conseil Général, au Conseil Régional et aux maires des grandes villes d’Indre-et-Loire (Tours, Joué, La Riche, Amboise, Loches…). Josette Blanchet, présidente de l’association, représente ainsi la centaine de familles d’origine Kurde présente dans notre région. Elle accuse notamment la Turquie d’aider Daesh en ne réagissant pas suffisamment à ses attaques pourtant à quelques mètres de sa frontière, à Kobané. « Tous les Pays du Moyen-Orient ont besoin d’une société libre, démocratique, et d’un gouvernement laïc ou toutes les communautés peuvent vivre ensemble » dit-elle aussi, en saluant le système politique Kurde. Elle espère désormais l’organisation d’une conférence internationale pour faire revenir la paix mais semble se heurter à un mur.

« On ne parle pas assez du Kurdistan et de ces questions-là » déplore un manifestant pour conclure. Et comment lui donner tort alors qu’un ado passant au travers de la manifestation demande où c’est le Kurdistan… C’est un secteur où des bombes explosent tous les jours, où du sang coule, où des terroristes tentent d’imposer leur loi. A des milliers de kilomètres de là, certains s’engagent comme ils peuvent pour essayer d’enrayer la machine. Ils recommenceront le 13 novembre avec une soirée de soutien à l’Imprimerie de Tours à 18h30 avant une conférence à l’Hôtel de Ville le 21. Son titre : « Le peuple Kurde, une entité qui compte au Moyen-Orient ».

O.C.

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