Une intersyndicale vient de se créer pour travailler sur la revitalisation du site industriel.
C’était il n’y a pas si longtemps : un millier de salariés travaillait sur le site Michelin de Joué-lès-Tours. Et puis le fabricant de pneumatiques a choisi de stopper une grande partie de son activité ce qui a conduit à 700 suppressions de postes. En Touraine le choc a été tel qu’il a fallu que l’entreprise prenne des engagements forts pour tenter de réparer la blessure : travailler au reclassement des salariés et déconstruire la partie du site qu’elle n’allait plus utiliser (300 personnes travaillent encore sur la partie Nord, la plus récente).
Alors que faire de ces 20 hectares libérés ? De cette friche industrielle qui devrait être totalement dépolluée d’ici la fin d’année ? Ancien ingénieur depuis peu à la retraite, membre de la CFDT, Rejan Poindessault est aujourd’hui membre d’une intersyndicale élargie portant les noms d’Antoine de St Exupéry et Maryse Bastié (elle regroupe la CGT, la CFE-CGC, la CFTC, CFDT, Sud, Unsa, FO, Unef, Fage). Son objectif : travailler avec les pouvoirs publics afin de trouver des entreprises intéressées pour s’installer à la place de Michelin (en plus de la centrale biomasse jocondienne ou d’une entreprise qui devrait reprendre un atelier).
« A une époque il y a eu des rumeurs pour installer un centre commercial » se souvient Rejan Poindessault. Mais ce n’est plus à l’ordre du jour, d’autant que Tour(s)Plus manque d’espaces pour accueillir de nouvelles entreprises et qu’à part la future zone de Fondettes, il n’y a pas vraiment de place dsponible… Reste à savoir quel type de secteur pourrait avoir besoin d’un tel espace. Il y a quelques semaines, nous évoquions la possible arrivée d’une sartup spécialisée dansles énergies renouvelables. L’intersyndicale s’est elle penchée sur l’aéronautique : « c’est un secteur en surcharge, par exemple Airbus a 6 800 avions à livrer d’ici 2020. Tout le monde est sous pression : les uisnes poussent les murs et embauchent là où elles sont implantées. »
Rejan Poindessault est lucide : le site jocondien étant loin d’une piste d’aéroport, on n’est pas prêt d’y voir débarquer une usine d’assemblage d’aéronefs comme à Toulouse ou St Nazaire. Cela dit, il y a déjà des spécialistes de l’aéronautique dans notre région (Farman qui est un ancien constructeur, TLD à Sorigny pour les tracteurs, le groupe Hervé qui a racheté plusieurs petites entreprises…) et un salon leur est même consacré tous les ans au Vinci. C’est donc les équipementiers et les sous-traitants qui sont visés : « les métropoles de Toulouse et Nantes sont saturées, idem pour Bordeaux. Il devient donc difficile de loger les salariés, d’organiser leurs déplacements. Ces problèmes on ne les a pas à Tours. En plus le site est équipé d’une voie de chemin de fer, il va y avoir la fibre optique. C’est idéal pour y implanter une usine du futur en partant d’une feuille blanche. »
Sachant que Michelin a elle-même entrepris des démarches pour chercher des sociétés tentées par ce site et que les pouvoirs publics (agglo, département, région) sont également sur les rangs, l’intersyndicale envisage de créer un partenariat, de rencontrer tout le monde pour travailler main de la main (y compris avec le MEDEF, l’Union des Métiers de la Metallurgie ou encore le syndicat des professionnels de l’aéronautique). « Ce ne sera pas facille, mais c’est possible. On a tout ce qu’il faut, même le campus des métiers à proximité, on peut donc s’en servir pour former de jeunes ingénieurs » conclut Rejan Poindessault qui présentera cette thèse ce mardi lors des états généraux de l’industrie organisés à Orléans.
Olivier COLLET