vendredi 7 octobre, 2022

Joué-lès-Tours regarde droit vers 2020

A l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire pour 2016, le maire a annoncé le programme des investissements jusqu’à la fin de sa mandature. Sans laisser beaucoup de place à l’improvisation.

En 2016 comme en 2015, le maire de Joué-lès-Tours Frédéric Augis va respecter sa promesse de campagne : il n’augmentera pas les impôts locaux tout en maintenant les subventions aux associations (1,4 millions d’euros). Et pourtant, il aurait bien besoin d’argent frais car, comme l’an dernier, la somme versée à la commune par l’Etat sera en baisse d’1,2 million d’euros – l’équivalent d’une hausse de 6% de la fiscalité – ce qui fait dire à l’élu qu’entre 2015 et 2017 Joué aura perdu 7,2 millions d’euros (une façon juste mais habile afin de grossir le trait car en réalité, sur cette période, la dotation de Paris baisse « seulement » de 2,4 millions d’euros). Face à la situation et pour ne pas se faire surprendre par les chiffres, le maire Les Républicains a donc demandé à son adjoint aux finances Vincent Téléga de faire une projection des possibilités de la ville à l’horizon 2020 : « c’est l’expression du cap politique, pour ne pas naviguer à vue. Voir si les promesses de campagne pourront être tenues. »

Premier constat, et non des moindres : après deux années où Joué-lès-Tours a connu des taux d’investissements records (et une augmentation de sa dette de 3 millions d’euros l’an dernier, passant de 20 à 23 millions), les crédits consacrés aux nouveaux projets vont être réduits de manière drastique en 2016 passant de 14,1 millions à 8,6 (6,1 prévus en 2020). « 15 millions ce n’était pas faisable » explique Frédéric Augis qui nuance cette baisse par la fin du chantier du centre aquatique Bulle d’O qui aura coûté à lui seul 14 millions (contre 9,5 prévus au départ). Le premier magistrat jocondien en a d’ailleurs profité pour tacler son prédécesseur Philippe Le Breton : « à l’époque il avait sorti un chiffre, 10 millions d’euros, au lieu d’un projet. Il a donc fallu redonner de l’ambition à ce centre aquatique en agrandissant notamment le bassin extérieur pour qu’il passe de deux lignes d’eau à cinq. »

Seulement 1,5M d’€ pour de nouveaux projets d’ici 2020

Alors que la population de Joué-lès-Tours ne cesse d’augmenter et se rapproche tranquillement du seuil symbolique des 40 000 habitants, Frédéric Augis et son adjoint Vincent Téléga veulent penser une ville où les projets sont voués à améliorer le quotidien plus qu’à jouer dans la cour des grands : « il faut se concentrer sur les besoins de tous les jours : rattraper le retard sur la voirie, améliorer les compétences énergétique des bâtiments, réduire la facture de chauffage avec une chaufferie biomasse… » Ainsi, d’ici 2020, seuls 1,5 million d’euros sont envisagés pour des projets nouveaux, et seulement à partir de 2019. Le reste c’est la fin du plan de rénovation des écoles, les travaux de remise aux normes de l’accueil de loisirs La Borde ainsi que de la piscine et du foyer Alouette (fermés pour un an à partir de cet été ce qui va entraîner une réorganisation des activités), un gymnase au sud ou encore le réaménagement de la Place du Général Leclerc. Joué-lès-Tours continuera par ailleurs à investir dans l’immobilier (jusqu’à 1,5 million par an).

Autre investissement indispensable pour la cité jocondienne mais immatériel celui-là : le personnel. « L’ouverture du centre aquatique c’est 20 agents au lieu de 8 actuellement donc 12 recrutements. Nous allons aussi créer 5 postes supplémentaires à la police municipale » expliquent Frédéric Augis et Vincent Téléga qui pointent néanmoins une baisse globale des dépenses de fonctionnement incluant celles du personnel : -0,5% sans politique de non remplacement de départ à la retraite, « et de toute façon il n’y en a pas beaucoup » nous dit-on. De quoi a priori engager Joué-lès-Tours dans une démarche de réduction de sa dette (estimée à 539€ par habitant). « On pourrait emprunter et réaliser des projets que l’on aurait voulu lancer mais combien cela coûterait en fonctionnement derrière ? » se demande Frédéric Augis, un brin défaitiste.

Olivier COLLET

Pour précision, le budget annuel de Joué est de 65 millions d’euros environ.

 

Qu’en pense l’opposition ?

Au conseil municipal ce lundi, Vincent Tison (PS) s’est exprimé en ces termes :

« L’épargne nette s’écroule en 2020 à 1,841 millions, contre encore 3,808 en 2015 (sans parler des plus de 5 millions au DOB 2014 !). La chute est de 52,6% ! Sur les 6 années – 2015 à 2020 – le total de l’emprunt s’élève à plus de 26 millions contre seulement 20 millions remboursés, soit une augmentation de la dette de 6 millions (au cours du précédent mandat nous l’avions diminuée de 10 millions). Cette différence de 16 millions ne peut être attribuée seulement à la baisse des dotations de l’état ! (…)

L’augmentation massive de la police municipale aura un coût important pour les finances de la ville alors que celle-ci est déjà doté d’un effectif important et de qualité alliant présence et prévention. (…) Concernant l’éducation, ce n’est plus du tout une priorité puisque aucun crédit n’est inscrit jusqu’à la fin du mandat pour un plan école. (…) Concernant la culture, aucun futur équipement n’est envisagé. (…) Si une politique foncière est évidemment nécessaire, la vôtre se fait toujours tous azimuts aux quatre coins de la ville, sans projet envisagé, ni secteur défini. Ces engagements financiers nécessitent une cohérence et l’esquisse de futurs projets. Nous ne sommes pas des marchands de biens qui nous resteront sur les bras ! »

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