samedi 28 janvier, 2023

DRONES : Fabrice Toublanc veut prendre son envol

A 43 ans, il vient de créer son entreprise pour filmer la Touraine vue d’en haut… Un pari long et risqué.

Un beau jour, un mail de Fabrice Toublanc arrive. On l’y sent presque catastrophé : des drones viennent de survoler les installations militaires nucléaires du Finistère après le passage d’autres appareils au dessus de l’Elysée ou de centrales nucléaires. Sauf que le drone, c’est justement le nouveau boulot de ce chef d’entreprise de Veretz qui vient de créer Aerofly Studio. Surfer sur l’actualité pour se faire connaître : plutôt pas mal comme stratégie de com’… Du coup on a pris rendez-vous pour boire un café. Fabrice Toublanc est venu avec un dossier qui ferait faire une syncope à François Hollande qui parle régulièrement de choc de simplification de l’administration…

Manifestement, on ne se lance pas dans le monde du drone comme on crée un kebab (avec tout le respect que l’on doit à ces commerçants). L’ancien conducteur de travaux de Chambray raconte ainsi comment il a entrepris sa reconversion après un licenciement. « Je suis passionné de photo et j’ai voulu me donner un coup de boost pour tout changer ». Si son entreprise a officiellement vu le jour en juin ça lui a pris une bonne grosse année pour faire les formations nécessaires et obtenir les autorisations qui vont bien. Les services de la DGAC (le contrôle aérien) commencent notamment à bien le connaître… Son « école de drone » c’est vers Nantes que Fabrice Toublanc l’a faite. C’est là bas qu’il a acheté le matos : 1m de diamètre, capable d’aller jusqu’à 150m d’altitude (en vrai il peut faire mieux mais il est bridé), 8m d’autonomie en l’air et… 13 000€ (hors taxes). D’où le tarif de 600€ la demi journée pour ses prestations…

« Vivre de sa passion, ça a un côté fun »

Capable de proposer ses services pour toute personne ou institution qui a besoin de photos aériennes (ça va du mariage au film de mairie en passant par la couverture d’un événement populaire, l’assurance ou l’analyse thermique de bâtiments), l’entrepreneur de 43 ans a demandé 17 autorisations préfectorales pour survoler la Touraine et ses départements limitrophes, une démarche qu’il devra refaire tous les ans. Il a aussi le numéro direct de la tour de contrôle de l’aéroport de Tours afin de la prévenir du moindre décollage ou atterrissage et, par ailleurs, il n’a pas vraiment le droit de se mettre dans l’axe de la piste et à 1km à la ronde, ou alors vraiment très bas. Il doit en prime signaler ses projets avec au moins 8 jours d’avance.

Du coup il prend bien soin de noter la nuance : son activité n’a rien à voir avec les joujous qui se sont arrachés à Noël. Et il ne donnera pas les commandes de son engin à ses enfants, lui même explique qu’il est crevé après un vol car ça lui demande une grosse attention : « je ne veux pas entendre dire que je vais jouer, même si à a un côté fun de vivre de sa passion ».

Le drone, un secteur d’avenir bourré de débouchés

Persuadé que son secteur d’activité n’en est qu’à ses balbutiements, Fabrice Toublanc ne s’inquiète pas trop de la concurrence déjà installée en Touraine, il a recensé quatre autres structures. Et il sait que ce n’est qu’un début. Alors pour l’instant l’essentiel de ses journées est dédié à un job de commercial, par exemple dans les mairies ou au salon viticole d’Angers où il comptait distribuer 370 cartes de visites aux 370 vignerons présents au cas où l’un d’eux voudrait voir à quoi ressemble son domaine avec les yeux d’un oiseau…

Le jeune patron rassure enfin : il ne filme jamais sans autorisation des personnes susceptibles de se trouver à l’image. Sauf si elles sont vraiment très nombreuses car, de toute façon, vu de très haut elles seront « méconnaissables ». Et risque-t-on de se prendre un drone sur la tête ? Il dit que non, car celui-ci est équipé d’un parachute capable de se déclencher tout seul. En revanche il n’a pas de système anticollision. Il doit donc faire gaffe aux oiseaux…

Olivier COLLET

À lire sur Info Tours

Vous aimez lire Info Tours ?

Alors suivez-nous sur les réseaux sociaux !