jeudi 9 février, 2023

DEPARTEMENTALES : Le PS37 ne veut pas se laisser faire

La majorité départementale a lancé sa campagne ce week-end et va devoir batailler ferme pour ne pas laisser un boulevard à la droite.

Après le FN, le duo UMP/UDI et l’alliance EELV/Front de Gauche, les socialistes ont été les derniers à présenter leurs candidats pour les élections départementales des 22 et 29 mars prochains. C’était ce dimanche, à Amboise. La veille, Michaël Cortot – 1er secrétaire départemental – a présenté ses voeux devant une petite centaine de personnes à Joué-lès-Tours. Objectif : montrer que les socialistes ne se laissent pas abattre même si l’ambiance n’est pas au beau fixe. Sacré exercice de style…

Alors comment on fait pour maintenir l’illusion ? « Aux municipales, on a pas fait que perdre » a lancé Michaël Cortot pour redonner du courage aux lève-tôt avant d’embrayer sur le scrutin à venir… et d’envoyer un message aux « partenaires » qui ont décidé de faire bande à part (les Verts et la gauche de la gauche) : « Dès le début nous avons recherché l’alliance en proposant la moitié des places de candidats titulaires. Certains l’ont acceptée. Alors pourquoi ne pas aller vers l’union ? Nous sommes d’accord avec 95% du contenu du texte qu’ils ont signé. Il y a, depuis 2008, toujours eu la diversité de la gauche dans l’exécutif du conseil général. Ils ont encore récemment voté le budget ! ». Selon le patron des socialistes locaux, tout ça n’est lié qu’à une chose : le contexte national, avec les sondages catastrophiques du président.

« Cette élection est départementale, pas référundaire »

« C’est une stratégie hasardeuse à long terme » poursuit encore Michaël Cortot qui charge bien ses « partenaires » mais nous dit ensuite qu’il n’est « pas aigri » envers eux, seulement « déçu ». Donc il tape ailleurs : « quand la droite était aux affaires, la dette a augmenté de 100 millions d’euros » rappelle-t-il dans son discours avant d’évoquer le FN qu’il ne veut pas « voir entrer au Conseil Général » notamment à cause de la « porosité » entre la droite et le parti de Marine Le Pen. 

Par ailleurs, dans le monde idéal de Michaël Cortot et du PS, les élections de mars se joueraient sur des enjeux locaux. C’est pour ça que la majorité départementale a choisi « Ma Touraine » comme slogan de campagne (avec un hasardeux jaune poussin !) histoire de montrer que, eux, ils vont parler des enjeux locaux quand leurs adversaires voudraient faire de ce vote un moyen de tacler le président… de la République. « Cette élection doit être départementale, pas référundaire ». Le risque, c’est que le PS ne soit pas toujours au second tour vu que, si un couple de candidats n’arrive pas 1er ou 2ème le 22 mars au soir, il lui faudra 12,5% des voix des électeurs inscrits (et non des votants) pour se maintenir. « On a déjà été éliminés au 1er tour. C’était le 21 avril 2002 » rappelle Michaël Cortot, « c’est ce jour-là que j’ai voulu m’engager au PS ».

Et que dit Frédéric Thomas de tout ça ? L’actuel président du département était aux voeux de la fédération ce samedi matin (au troisième rang…) et il répète globalement le discours du premier secrétaire, à quelques synonymes près. Les Verts et le Front de Gauche alliés ? « Ce n’est pas une trahison. Mais on a géré ensemble ce département, alors je ne comprends pas ». Du coup il veut leur chiper leurs électeurs : « notre objectif c’est de rassembler. Rassembler jusqu’au bout. Rassembler derrière nous tous les électeurs de gauche ». Juste après, il nuance quand même disant que son seul adversaire c’est « la droite » et « ses vieilles recettes ». Has been peut-être le menu de la droite, mais il faudra sans doute plus que les ingrédients « enthousiasme » et « énergie » revendiqués par Frédéric Thomas à l’aube de ces deux mois de campagne pour séduire le palais de l’électeur Tourangeau, qui digère majoritairement mal la politique nationale et pour qui a (peut-être) eu du mal à avaler la dernière hausse d’impôt que la droite a tant envie d’envoyer à la poubelle.

Olivier COLLET

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