lundi 6 février, 2023

L’ancien boxeur devenu dessinateur

Star du ring, chaudronnier dans la vie, il vit à fond sa passion et commence à se faire un nom à Tours. Rencontre.

Il préfère qu’on l’appelle Black Key et n’a pas très envie de montrer son visage… Pourtant ce jeune Tourangeau de 31 ans mérite d’être connu. D’ailleurs certains se souviennent sans doute de lui car il y a quelques années, il a cumulé les titres de champion en boxe. Timide et réservé, il préfère aujourd’hui l’anonymat famillial pour laisser libre cours à sa passion : le dessin sur carton à l’encre de Chine.

Tout ça n’est pas arrivé d’un coup, c’est plutôt une longue suite d’événements que Black Key raconte, avec pudeur. « j’ai toujours été très manuel, et je dessine depuis l’enfance. J’ai par exemple des photos de moi à 4-5 ans avec un crayon à la main. Au collège, je me souviens que je préférais largement dessiner que faire mes devoirs ». Et puis tout s’est arrêté, vers l’âge de 15 ans. A ce moment-là c’est la boxe anglaise qui prend le dessus, avec un titre de champion de France. Puis il y a son travail de chaudronnier et cet accident au dos, en juillet 2013. Bloqué chez-lui, à tourner en rond pendant des mois, Black Key finit par se remettre « à gratter le papier », « et je dessinais mieux qu’avant ! » se souvient-il, « je ne savais pas que je pouvais faire tout ça ! ».

Des dessins qui séduisent de l’EBK Bar aux Etats-Unis…

Inspiré par la musique qu’il écoute sans cesse (tous styles, du blues, du Yann Tiersen…), les comics ou les jeux-vidéo, il perfectionne sa technique. Alors qu’on lui demande un portrait, il choisit de le faire sur carton « parce que c’était le seul format qui convenait »; Depuis c’est devenu son matériau de prédilection, « pas cher, facile à trouver dans les rues de Tours » et une couleur qui offre un joli contraste avec le noir intense de l’encre de Chine qu’il privilégie donc au crayon ce qui donne à son art un élégant aspect d’ombres chinoises.

« Je n’ai pas de style défini… » explique Black Key qui nous montre aussi bien des Batman que des portraits, du concret ou de l’abstrait. Ce qu’il recherche c’est avancer, se donner de nouveaux objectifs après avoir atteint ceux qu’il s’était fixés dans le sport qu’il ne peut plus pratiquer depuis son accident. Pourtant, il nous confie que ses proches ont presque dû le forcer à sortir ses dessins de chez-lui. « J’ai fait ma première expo au Free Market l’an dernier, puis j’ai accroché quelques dessins à l’EBK Bar près de la gare (où on peut les voir en ce moment), à l’Instant Ciné, sur le marché de créateurs de la Place de Strasbourg… J’ai vu que ça plaisit alors j’ai créé une page Facebook qui m’a permis de me faire connaître jusqu’aux Etats-Unis ou en Belgique ». Depuis la rentrée, Black Key fait entrer ses dessins le 1er samedi de chaque mois aux soirées du Mademoiselle H, en février il est invité par l’association Born In The 80’s à accrocher ses oeuvres à la médiathèque de Cangé de St Avertin sans oublier le Japan Tour Festival. « Maintenant, on m’appelle pour me demander » se réjouit-il. Son prochain coup de force, ce serait de réussir à vivre de sa passion. Il semble armé pour.

Olivier COLLET

 

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