samedi 28 janvier, 2023

LOGOS : 5 polémiques avant celle de Tours

Que les choses soient claires : le coût est souvent en cause.

Alors que les internautes Tourangeaux ont jusqu’à dimanche pour voter sur le site de la ville afin de choisir son nouveau logo (ou de dire que les 4 sont moches en cochant la case « aucun »), la polémique ne s’éteint pas. Il y a d’abord eu la page Facebook parodique, la pétition, le débat en conseil municipal et maintenant la reprise par des titres de la presse nationale dont Arrêts sur Image ce jeudi qui démonte les propos de Serge Babary tenus dans nos colonnes lorsqu’il faisait l’éloge de la simplicité du logo de Porto pour justifier celle demandée pour celui de Tours.

L’un des arguments qu’utilise aussi le maire de Tours pour justifier le design épuré des créations proposées, c’est le côté économique (« le coût d’un logo peut varier du simple au centuple » lit-on sur un site spécialisé). D’où aussi le travail en interne. Ce que lui répondent les graphistes Tourangeaux un peu agacés de ne pas avoir reçus un bulletin de commande c’est que ce qui coûte le plus cher n’est pas la création de l’image mais les coûts annexes lors du changement de papier à lettres ou de la décoration des voitures municipales. Cela dit, force est de constater qu’un coup d’oeil dans le rétro ne leur donne pas vraiment rason à leur profession… Voici donc un rappel de 5 polémiques récentes autour de logos. Comme quoi, changer d’identité visuelle est vraiment un sujet sensible…

 

1 – Pôle Emploi et son logo à 500 000€ !

En 2009, l’ANPE est devenue Pôle Emploi. 6 ans après, certains continuent d’ailleurs à utiliser l’ancien sigle. Et pourtant; l’agence publique pour l’emploi a payé cher pour sa nouvelle image : 500 000€. Une somme qui a filtré par voie de presse (un certain Canard) et que le patron de l’époque avait dû justifier : « Il y a eu un appel d’offres. Dans la vitesse de la fusion, on a payé peut-être un peu cher ». Et donc ça, c’était juste pour la création. Bien sûr, derrière, il a fallu changer toutes les enseignes du pays. Sans compter le papier à lettre ou le nouveau site web. Prenons pour les enseignes un tarif de 5 000€ par agence multiplié par 900 (fourchette haute)… : 450 000€. Moins que le logo.

2 – 400 000€ pour la région Île de France :

C’est moins cher que Pôle Emploi, mais tout de même. Cette fois c’est le Conseil Régional d’Île de France qui, en 2013, a voulu rénover le design de sa com’. Et Le Canard Enchaîné a encore veillé au grain révélant que la facture était de 400 000€. 20 Minutes détaillait les différents budgets : « 108.000 euros pour l’agence de com’ Equancy désignée pour conduire «ce chantier structurant», 44.000 euros pour Viavoice qui a sondé un panel de 800 personnes, 58.000 euros pour la création d’un site dédié, 70.000 euros pour la «charte graphique» du fameux logo… ». Toujours selon le gratuit, la région se défendait arguant ue ça lui avait juste coûté 71 000€, soit 20% de moins que le logo du Conseil Général du très riche département des Hauts-de-Seine.

3 – Et en Lozère aussi…

Si Serge Babary a lu les mêmes archives que nous, on comprend qu’il ait préféré faire appel à ses services internes. « Petit » département, la Lozère a aussi voulu son beau logo graphique en 2011. 15 600€ selon les sources officielles, 120 000€ pour le prix de la polémique dans la presse. L’agence visée s’était alors justifiée : « réalisation du logo : 15 600€, réalisation de 5 logotypes supplémentaires (…) : 15 000€, réalisation d’une charte graphique et d’un guide d’application de la marque (…) : 25 700€, droits d’utilisation et de reproduction : 4500 €
Montant total du marché : 60 700€. Le montant global de ce marché correspond à 9 mois de travail hors période de l’Appel d’Offres ». En admettant que 3 salariés payés 2 000€ par mois ont travaillé sur le dossier ça semble cohérent… S’il n’y a qu’une personne c’est peut-être cher payé… Combien de temps a pris la création des 4 logos de Tours ?

4 – Le logo des JO de Londres 2012 :

Encore une facture à 500 000€. Mais là ce qui avait fait hurler c’était sa couleur : rose flashy, loin des standards du drapeau olympique. Le tout avec des formes géométrique qui n’évoquaient pas grand chose aux anglais, plus de 80% d’entre eux avaient décerné « une cuillère de bois » au visuel suite à un sondage de la BBC. Peine perdue, l’organisation n’a pas fait marche arrière.

5 – Quand Gap recule :

En revanche il y a une grande enseigne qui a été obligée de faire marche arrière récemment car son nouveau logo risquait d’avoir de graves conséquences sur son chiffre d’affaire : Gap. La marque de vêtements avait voulu abandonner son sigle historique pour un truc tout simple avec un peu de bleu, pas si éloigné que ça du nouveau logo de Tours d’ailleurs. Et puis elle a cédé à la pression. Que choisira-t-on de faire à Tours ? Réponse la semaine prochaine avec les résultats du vote en ligne…

Olivier COLLET

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