dimanche 3 juillet, 2022
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Hommage, haine et combat après la mort de Rémi Fraisse

Après un rassemblement mercredi matin à Loches, un autre a eu lieu en soirée à Tours. Info-Tours.fr était dans le cortège.

Il n’y a pas eu d’incidents mais il y avait du ressentiment ce mercredi soir dans les rues du centre-ville de Tours. Environ 180 personnes se sont rassemblées dès 18h30 Place Jean Jaurès pour réagir à la mort de Rémi Fraisse, tué ce week-end sur le site du barrage contesté de Sivens, dans le Tarn. Dans ce groupe qui s’est ensuite élancé dans la Rue Nationale (pour l’anecdote, le tram a été bloqué plus de 30 minutes), on a croisé des écologistes, des militants de gauche, des jeunes, des quadras, des retraités… Une foule assez diverse avec des opinions parfois différentes mais une même volonté : celle de ne pas assister de nouveau à pareil événement. 

Guillaume est en tête de la manifestation, et il tient une des banderoles pour dire stop à la répression policière. Guillaume a 21 ans, le même âge que Rémi et samedi, lui aussi était sur la ZAD, la Zone A Défendre de la forêt du Testet. Il n’a pas tout vu mais nous donne sa version des faits : « Au début, la manifestation était très familliale, il y avait même des animations pour les enfants. Puis, vers 17h, il y a eu les premiers lancers de grenades, du côté d’un groupe minoritaire, sans doute une centaine de personnes opposées aux CRS. Moi je suis resté avec les pacifistes. On a choisi de se déguiser symboliquement en arbre pour protester contre la construction du barrage. On a aussi fait une chaîne humaine sans violence à 1m des CRS et ça a marché : ils ont reculé ».

Des pancartes violentes

Malgré l’hostilité très radicale d’une partie des manifestants qu’il a constatée, Guillaume en est persuadé : ce sont les forces de l’ordre qui ont engagé les premières violences. « Pourquoi étaient-ils si nombreux ? » se demande-t-il, prétendant ensuite que, bien après le drame, des manifestants toujours sur place se sont fait brûler leurs tentes ou casser leurs voitures… « Si j’avais la possibilité de retourner là-bas aujourd’hui, je le ferai » conclut le jeune homme avant de partir en marche.

Ce qui nous a frappé lors de ce rassemblement, c’est la violence des termes choisis par les manifestants : certains accusent clairement les gendarmes du Tarn d’assassinat. C’est fort. Et même peut-être faux, l’enquête étant toujours en cours. « Ca ne peut pas être un accident » nous dit un homme, venu avec son vélo flanqué d’un petit drapeau français, à la fois pour s’insurger face à la mort de Rémi Fraisse mais aussi pour dénoncer un projet « inutile » : « on hésite pas à tuer pour nous voler. C’est préoccupant » résume-t-il.

« On oublie pas, on ne pardonne pas » crie le groupe en tête du cortège que trois voitures de police suivent à petite distance. Au milieu, avec son vélo, une femme trouve bien que certaines pancartes sont trop violentes mais concède que pour qu’on en arrive là, « c’est qu’il y a un vrai problème ».

Olivier COLLET

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