Retour au calme ce lundi aux abords des lycées de Tours. Vendredi 2 octobre, la journée avait été très tendue avec notamment des incendies aux lycées Eiffel, Choiseul et Bayet puis des dégradations et pillages en centre-ville, des casseurs ayant rejoint le mouvement lycéen et étudiant pour réclamer de meilleures conditions d’éducation. C’était l’épilogue d’une semaine d’actions débutées mardi lors de la journée interprofessionnelle de lutte pour une hausse des salaires.
Au final, en 4 jours, 38 personnes ont été placées en garde à vue en Indre-et-Loire, à 90% mineures.
Surtout, un jeune de 16 ans – Maël – a perdu l’usage d’un œil mercredi lors d’affrontements entre la police et les manifestants aux abords du lycée Balzac, dans le quartier des Prébendes. L’enquête est en cours mais la piste d’un tir de LBD de la police ayant atteint son visage est privilégiée. L’auteur du tir n’a pas encore été entendu tandis que la famille a déposé plainte pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique.
Le risque de nouveaux débordements et de tensions avec les forces de l’ordre a conduit le rectorat à fermer quasiment tous les établissements de l’agglomération tourangelle ce lundi 5 et ce mardi 6 octobre, notamment Grandmont, Balzac, Descartes ou Jean Monnet à Joué. L’Université de Tours a pris la même décision. Même le lycée privé Notre-Dame-La-Riche a préféré organiser les cours en distanciel pour ce début de semaine après des dégradations.
En revanche, les lycées d’Amboise ou Chinon sont ouverts. Quelques heurts ont opposé gendarmes et jeunes chinonais ce lundi matin quand ceux-ci ont cherché à bloquer le Pont Aliénor d’Aquitaine puis à rejoindre la mairie.
D’autres actions sont programmées ce mardi à l’occasion de « l’acte III », un appel national à manifester, rejoint par les syndicats enseignants. Une grande mobilisation est annoncée dès 14h au départ de la Place de la Liberté à Tours. Le matin, une assemblée générale étudiants-personnels de l’Université est programmée à 10h aux Tanneurs pour soutenir ce mouvement, réclamer de meilleurs financements du gouvernement ou davantage de recrutements.
De son côté, le 1er ministre a demandé à 7 membres du gouvernement de plancher sur des solutions urgentes pour la question des remplacements de professeurs absents ou la rénovation des locaux. Une réunion avec les régions, qui financent l’essentiel des travaux dans les lycées, doit être organisée ce mardi à 17h. Le Centre-Val de Loire y sera représenté. Son président socialiste, François Bonneau, est d’ailleurs vice-président chargé de l’éducation à l’Association des Régions de France.
A noter que dimanche, dans un communiqué commun, les partis de gauche d’Indre-et-Loire ont appelé au calme mais aussi à la satisfaction rapide des revendications pour faire retomber la tension.


