Ce mardi 29 septembre, de nombreux élèves de lycées tourangeaux ont participé à la mobilisation intersyndicale en faveur d’une hausse des salaires. Venus notamment de Balzac et Grandmont, ces jeunes ont porté leurs propres revendications pour dénoncer les classes surchargées, les profs non remplacés, le fonctionnement de Parcoursup ou encore critiquer les violences policières.
Leur action répondait à celle observée depuis la fin de la semaine dernière dans plusieurs établissements français, notamment franciliens. Ainsi, près de 400 lycées étaient perturbés dans tout le pays, avec localement des débordements. A Grandmont, 5 personnes ont été interpellées à la suite de heurts avec les forces de l’ordre (gaz lacrymogènes face à des tirs de mortier et des barricades de poubelles ou chariots de supermarché).
1 personne a également été interpellée à la suite d’opérations de blocages à la fac des Tanneurs. L’individu est accusé d’outrage par geste. Selon la procureure, 2 suspects de 16 ans (un lycéen et un apprenti) présentent des antécédents judiciaires. Ils seront jugés les 20 et 26 novembre. Les 4 autres ont entre 16 et 18 ans et comparaitront début décembre devant le délégué du procureur pour la mise en place de mesures de réparation dans le but d’éviter la récidive.

Ce mouvement n’était pas éphémère. Ce mercredi 30 septembre, de nouvelles actions ont été lancées en début de journée, en particulier autour des lycées Balzac et Paul-Louis Courier du centre-ville. En milieu de matinée, un important dispositif policier quadrillait le quartier des Prébendes tandis que les pompiers indiquaient la mise en place d’un périmètre de sécurité de 150m aux environs de Paul-Louis Courier, près des bords de Loire.
Selon le SDIS37, cette décision fait suite à un feu de poubelle Rue de la Psalette qui s’est propagé à un compteur de gaz ce qui a entraîné une fuite et un double incendie. Le personnel de l’établissement a été évacué tandis que les élèves se dirigeaient vers Balzac pour rejoindre leurs camarades. On en comptait environ 300.
D’après la procureure Catherine Sorita-Minard, un jeune manifestant a été blessé à la tête et hospitalisé. L’origine de la blessure n’est pas déterminée pour le moment mais un tir de LBD est évoqué. Un scanner et un examen par médecin légiste ont été réalisés dans l’après-midi et la blessure est compatible avec un tir de LBD par la police. L’IGPN – la police des polices – a été saisie pour enquêter. La victime, encore hospitalisée, sera entendue ultérieurement.
Les réactions politiques ont été nombreuses. Le PCF37 a notamment dénoncé une « mutilation » de ce jeune par les fonctionnaires. « Stop aux violences policières » écrit-il sur les réseaux sociaux alors que des manifestations se sont poursuivies jusqu’en début de soirée en centre-ville.
Le PS37 a lui aussi réagi : « Nous condamnons le recours à la violence d’où qu’elle vienne. Nous apportons notre solidarité au jeune blessé et à sa famille. Nous demandons que la lumière soit faite sur l’usage du LBD dans les manifestations/ Nous appelons au calme » « De quoi la police protège ces adolescents qui réclament de meilleures conditions d’enseignement ? On ne sait pas » écrit pour sa part le Nouveau Parti Anticapitaliste 37 qui demande le désarmement des forces de l’ordre.
« Des vérifications ont été immédiatement demandées par le préfet d’Indre-et-Loire à la police nationale d’Indre-et-Loire, en s’appuyant notamment sur les images des caméras individuelles portées par les policiers » a réagi la préfecture dans l’après-midi. La Ville de Tours appelle elle au calme « et demande que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cet incident et à ouvrir le débat sur les évolutions de la doctrine française de maintien de l’ordre. »
Photos : Annie Depeigne


