Et si les répulsifs pour moustiques attiraient les insectes au lieu de les éloigner ? Et si mettre ces produits autour de nous risquait paradoxalement de multiplier le risque de se faire piquer ? C’est ce qu’a voulu étudier l’Institut de Recherche sur la Biologie de l’Insecte, une unité de l’Université de Tours spécialisée dans la recherche sur ces sujets.
La section de la fac de sciences vient de publier un article important dans le Journal of Experimental Biology : elle a étudié les effets réels du DEET, le répulsif anti-insectes le plus utilisé du monde, démontrant qu’il pouvait attirer les bestioles plutôt que les repousser. En fait, ils peuvent associer son odeur à celle de la nourriture. Autrement dit se dire que si ils sentent le produit, c’est qu’il y a quelque chose à manger pas loin.
« Pour confirmer leur étude, les chercheurs ont nourri les moustiques avec du sang chaud dans un premier temps, puis ont pulvérisé l’odeur du DEET en second temps, répétant l’action à trois reprises » explique l’Université. Résultat : 60% des moustiques tentaient de piquer dès qu’ils sentaient la substance.
D’après le chercheur tourangeau Claudio Lazzari, le DEET appliqué sur la peau plusieurs heures auparavant « devient trop peu concentré pour repousser efficacement les moustiques. À cette faible concentration, son odeur resterait détectable et pourrait même contribuer à les attirer. » Néanmoins, à dose conséquente, le produit reste efficace. Et même « le plus efficace » affirme l’étude.
Ces révélations interviennent alors que la Touraine est désormais clairement territoire d’influence du moustique tigre, ce moustique venu de pays tropicaux qui est très agressif et capable de transmettre des maladies comme la dengue. Claudio Lazzari donnera justement une conférence sur le sujet ce jeudi 4 juin à Ballan-Miré, aux côtés de l’enseignant-chercheur Vincent Foray et de la conseillère santé-environnement Louise Bellamy.
Le thème : comment se protéger du moustique tigre ? C’est à 19h à l’Hôtel de Ville et c’est gratuit.

