Tours

Stationnement gratuit, rues sans voitures, radars… Les propositions de Tours contre la pollution

Certaines sont nouvelles, d’autres déjà lancées.

Surprise du chef mercredi soir, en plein milieu du conseil municipal de Tours : d’un coup le maire et son adjoint à l’environnement Yves Massot se lancent dans la présentation d’un PowerPoint sur la pollution. Ce n’était pas prévu à l’ordre du jour, pas annoncé non plus à l’ensemble de l’assemblée, mais Christophe Bouchet y tenait, « au nom de l’urgence climatique. » Souvent critiquée pour son manque d’actions verte depuis 2014, la municipalité tente donc de reprendre la main par un coup de com’.

D’abord le constat : d’après les chiffres présentés, les capteurs mesurant la qualité de l’air à la sortie Tours Centre de l’A10 semblent détecter moins de dioxyde d’azote, et moins de particules fines en suspension. La baisse n’est pas continue mais sensible sur la période 2010-2018, de quoi passer en dessous des seuils définis par les normes. Néanmoins, les données ne concernent qu’un seul point de la ville, pas vraiment de quoi affirmer que Tours dans son ensemble est moins touchée par la pollution. D’ailleurs la qualité de l’air est annoncée médiocre pour la fin de cette première semaine de juillet, 7 jours après un premier pic lors de la canicule de la fin juin.

9 nouveaux radars, dont 1 sur l’A10

Ne pas s’arrêter aux chiffres et proposer des solutions, ce serait donc l’idée de l’équipe de Christophe Bouchet.

Mesure phare :proposer le stationnement gratuit aux véhicules électriques et ceux qui fonctionnent à hydrogène. Avec effet immédiat pour que « les touristes du nord de l’Europe qui sont nombreux à avoir ce type de voiture puissent en profiter cet été. » L’opposition n’a pas du tout apprécié de se voir forcer la main et de découvrir le projet de façon subite. Le conseiller municipal LREM David Chollet a même douté de l’efficacité réelle d’un tel dispositif. Le communiste Pierre Texier voulait lui ajouter en plus la généralisation du tarif Fil Bleu à 1€90 la journée normalement réservé aux périodes polluées. Mais ça, seule la Métropole peut en décider. Le test de cette gratuité cet été a été validé et la proposition sera re-débattue lors du prochain conseil municipal le 30 septembre.

Ce plan vendu comme une liste de mesures anti-pollution intègre ensuite une action déjà engagée depuis 2014 : la généralisation des rues à 30km/h, sauf les grands axes structurants de la ville. C’est déjà quasiment fait à Tours Centre et Tours Sud, c’est en cours à Tours Nord.

 

Pour que les vitesses soient respectées, la mairie compte acheter 7 nouveaux radars pédagogiques en 2020, et elle le vend aussi comme une façon de réduire la pollution.

A propos de radars… Christophe Bouchet indique avoir demandé à l’Etat l’installation d’une nouvelle machine sur l’A10 pour vérifier le respect de la limitation de vitesse à 90km/h. La démarche est en cours. Un autre radar pourrait débarquer Avenue du Danemark à Tours Nord.

En parallèle, une double étude a été lancée sur l’impact des camions qui roulent sur l’A10 :

  1. Pour savoir s’ils polluent moins quand ils roulent à 70 ou 80km/h
  2. Pour étudier la possibilité de les faire rouler en convoi la nuit afin de réduire bruit et pollution

L’adjoint Yves Massot a ensuite parlé des 30 000 arbres de Tours et de leur capacité à absorber 237 tonnes de CO2 par an. 3 000 arbres supplémentaires ont ainsi été plantés en 5 ans. Vu leur bon bilan, peut-on imaginer que l’objectif est d’en ajouter encore ? Ce n’est pas précisé, mais ça semble suggéré.

Des dimanches sans voitures dans certaines rues ?

Pour favoriser les moyens de transport non polluants, la ville obligera les promoteurs des nouveaux immeubles en construction à prévoir plus de stationnements dédiés aux vélos… Annoncée depuis plusieurs mois, la mesure devrait entrer en vigueur fin 2019. En revanche, nouveauté : la ville semble étudier la possibilité de créer un événement baptisé « Les dimanches à vélo » dont l’idée semble de fermer certaines rues aux voitures certains dimanches. Lesquelles ? Quand ? Avec quelle récurrence ? Pour l’instant, aucune idée.

Enfin deux dernières mesures :

  1. La ville dit travailler avec une entreprise pour limiter les livraisons en voiture en centre-ville, et donc favoriser d’autres modes de transport des colis
  2. Des panneaux indiquant le nombre de places disponibles dans les parkings souterrains devraient être installés d’ici 2020 aux entrées de la ville pour encourager les voitures à s’y garer au lieu de tourner dans les rues pour chercher une place. Un dispositif réclamé de longue date par les commerçants. En revanche son financement (public ou privé ?) n’est pas encore bouclé.

Olivier Collet