Tours

Vu et entendu à la manif' contre la loi Travail de Tours

Plus de 3 000 personnes y ont participé ce jeudi.

C'est 3 fois plus que que le 9 avril mais deux fois moins que le 31 mars (jour où il pleuvait des cordes) : ce 28 avril, entre 3 et 4 000 personnes ont manifesté contre la loi Travail dans les rues de Tours. Parties de la place de la Liberté, elles ont rallié Anatole France par l'Avenue de Grammont et la Rue Nationale en faisant un détour par la gare (à cause des travaux à Jean Jaurès). Nous étions dans les rangs.

14h30 :

En descendant du tram, un jeune homme s'inquiète : "il n'y a pas beaucoup de monde..." pourtant la Place de la Liberté est déjà bien remplie, les premiers slogans fusent et tous les drapeaux sont là : CGT, FO, Sud, Solidaires, Lutte Ouvrière, Attac, SKF, Nouvelle République, les personnels de santé, les agents de la ville de Tours, les Jeunes Communistes, les retraités, Véolia Eau, Pôle Emploi, les Télécoms...

En tête de cortège sur l'Avenue de Grammont, on s'organise : "les bureaucrates derrière !" s'agacent les jeunes qui veulent tenir la banderole qui ouvre la marche. Ils seront environ 500 à crier bien fort devant. Les premières pancartes sont arrivées : "1916 chair à canon, 2016 chair à patron" et même des références à la révolution de 1789.

Dans la foule, un manifestant estime que "dans les médias, on parle de négociations avec les partenaires sociaux au lieu de parler du MEDEF pour ne pas faire peur aux gens. C'est une stratégie." A côté, d'autres débattent des repos compensateurs, les étudiants distribuent des pancartes en carton à tout va avec une consigne : "vous pouvez déchirer les logos des syndicats." Car ils assurent que le mouvement est apolitique. Un autre râle tout fort contre les jeunes communistes : "ils sont au milieu d'un gangbang de partis politiques et ils continuent à afficher leurs couleurs. Moi je veux défiler avec un drapeau noir. C'est la couleur des pirates. Et comme on est en état d'urgence, en manifestant, on est des pirates..."

14h45 :

Ca marche vite et derrière, c'est très clairsemé. Les premières estimations tombent ; 3 à 4 000 personnes. Un quadra affiche une pancarte hors sujet : contre le traité transatlantique, dans l'air il flotte une odeur de beuh, les premières bières sont ouvertes : "une manifestation, ce n'est pas forcément triste" commente un vieil homme avec son appareil photo. Tout de même, les chansons de la CGT ne respirent pas la joie de vivre...

"Même si nous sommes moins nombreux, comme le mouvement continue, ils ne pourront pas dire que le texte est passé avec l'accord de la population" commente un jeune homme en réaction au tassement de la mobilisation avant de poursuivre : "on ne va pas s'arrêter là..." Un peu plus loin, un étudiant lance un nouveau slogan : "qui ne saute pas est El Khomri !"

15h :

On fait de la musique comme on peut en approchant de Jean Jaurès : djumbe, tambours, boîtes de conserve, mini trompette, clairon... "C'est à moi !" hurle un lycéen qui veut à son tour faire partager son slogan à la foule. Juste à côté, deux gars discutent : "moi, je suis contre le travail en général."

Il fait beau, on marche vite: "qui veut aller à Chartres ?" s'amuse un manifestant qui a recyclé son carton d'autostop pour inscrire de l'autre côté une petite phrase hostile à la loi Travail.

15h15 :

Les travaux obligent la foule à se diriger vers la gare au lieu de rejoindre directement la Rue Nationale. Du coup, le mouvement se désorganise. Un sit-in s'organise sur la place du Général Leclerc, la gare est fermée pour éviter les intrusions. A l'aide de fumigènes, "Grève Générale" est inscrit sur les pavés. Au bout d'un bon quart d'heure, ça repart par le Boulevard Heurteuloup. On les laisse là pour cette fois, sachant qu'une partie d'entre eux seront de nouveau mobilisés dès ce dimanche 1er mai ou la semaine prochaine, lors de l'arrivée du texte à l'Assemblée Nationale.

Olivier COLLET

Voici quelques photos de la manifestation :