Indre-et-Loire

Fusion de communes : Amboise et Lussault-sur-Loire se marient

Objectif : atteindre les 15 000 habitants.

C’est la première grande fusion du département d'Indre-et-Loire depuis la loi NOTRe qui vise à réduire le nombre de communes en France. Amboise et Lussault-sur-Loire seront bientôt réunies. Il s'agit là du mariage d’une ville de plus de 13.657 habitants avec sa voisine, au moins 730 habitants (chiffres INSEE 2014) et on accoucherait d’une commune d’environ 14.540 habitants selon les estimations.

Pour Amboise et son maire, Christian Guyon (à gauche) tout l’enjeu est là : atteindre progressivement la barre des 15.000 habitants, afin d’entrer dans la tranche bénéficiant de subventions d’Etat plus généreuses.

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Du côté de Lussault-sur-Loire, l’intérêt est financier d’abord. Son budget est contraint depuis le financement par la commune du « tourne-à-gauche » sur le quai de Loire menant à l’aquarium de Touraine, en 2008 ; depuis, elle ne peut investir, tenue par des emprunts lourds. Georges Ramuscello, le maire de Lussault, évoque également un personnel sous tension avec des normes plus contraignantes et des techniques de numérisation (paiements, délibération…) imposées.

 

Sur le territoire, on se souvient de la tentative manquée (pour l’heure) de mariage entre Saint-Ouen-les-Vignes et Montreuil-en-Touraine l’an dernier à cause de la levée de boucliers que le projet avait suscitée. Cette optique n’inquiète pas les deux maires. Du côté de Lussault, s’il a pu entendre des réactions inquiètes telles que « on va se faire bouffer par Amboise », Georges Ramuscello a déjà préparé ses arguments.

L’actuel hôtel de ville en bord de Loire deviendrait mairie annexe avec les mêmes horaires et mêmes services qu’aujourd’hui, les lussaudiers bénéficiant, en plus, de ceux de la mairie d’Amboise. Les deux conseils municipaux siègeraient intégralement jusqu’aux prochaines élections, puis un conseil consultatif serait créé pour représenter plus spécifiquement les avis des Lussaudiers-amboisiens.

Fusion ou disparition ?

Une autre certitude anime les maires : « il faut que les gens de Lussault sachent bien que, à terme, une commune de sa taille qui essaye de s'en sortir seule, elle n'y arrivera pas, elle finira par disparaître de gré ou de force et il vaut mieux anticiper en mettant tous les atouts des 2 côtés. » résume Christian Guyon.

Des projets ont déjà germé dans l’esprit des deux équipes : mettre le bord de Loire en valeur en créant un grand espace de loisirs avec l’aménagement de la Varenne sous Chandon et de la boire de Lussault dans 5 ans.

Toutefois, le sentiment de perte d’identité pour les Lussaudiers pourrait représenter un frein à cette fusion, et si le mouvement d’opposition est massif, il pourrait le faire avorter. Actuellement, les vignes de Lussault sont sous l’aire d’appellation Montlouis : quelle va être la réaction des municipalités et des vignerons des deux autres communes (Montlouis et Saint-Martin-le-Beau) à cette annonce et quelles en seront les conséquences ?

Les étapes

 Un document explicatif sera distribué dans toutes les boîtes aux lettres des 2 communes dès le 30 octobre et 2 réunions d’information sont prévues le 28 novembre et le 6 décembre  ainsi que des ateliers visant à affiner le projet jusqu’en juin. Septembre 2018 : délibération des 2 conseils municipaux. Au 1er janvier 2019, création de la nouvelle commune.

Dorothée Briand