Mouvement lycéen et étudiant : le maire de Tours dénonce un “usage de la force démesuré”

En ouverture du conseil municipal ce lundi 5 octobre, le maire de Tours Emmanuel Denis a voulu réagir au mouvement de la jeunesse en cours depuis 6 jours. L’écologiste Emmanuel Denis a indiqué avoir reçu une délégation de lycéens et étudiants pour entendre leurs doléances et s’en faire “le porte-voix”.

“Ils revendiquent des conditions décentes d’apprentissage face au manque de professeurs, tout particulièrement pour la filière générale ; dénoncent les classes surchargées, les difficultés à trouver des stages, le manque d’infirmières ou les problèmes de Parcoursup” a développé l’élu dénonçant le manque de réponses du gouvernement qui fait selon lui “une surenchère de casse de notre politique jeunesse” en annonçant notamment une baisse des allocations logement pour les étudiants.

Le maire de Tours s’est ensuite exprimé sur “la spirale de violences assez terrible” qui touche la ville depuis le début du mouvement, fustigeant “l’autoritarisme du gouvernement” et “un usage de la force démesuré”, en écho notamment à la grave blessure à l’oeil du jeune Maël – 16 ans – aux Prébendes mercredi dernier, ou les difficultés qu’il a eues à faire l’intermédiaire entre jeunes et policiers le lendemain à proximité du Lycée Grandmont.

En parallèle, Emmanuel Denis a condamné “les actes commis par certains qui profitent de ces périodes pour casser les lycées à l’inverse des revendications formulées” exigeant du gouvernement “des annonces plus fortes pour sortir de ce conflit”. Ce mardi, il annonce sa présence dans la manifestation qui partira de la Place de la Liberté à 14h.

En réponse, l’élu d’opposition Brice Droineau (Les Républicains) n’a pas évoqué les blessures du jeune Maël mais a affiché son soutien aux forces de l’ordre, “dont le courage et le sang-froid forcent le respect” faisant un parallèle entre les violences de la semaine dernière et la ferveur de la jeunesse pour la venue du pape Léon XIV en France quelques jours plus tôt.. 

“Nous condamnons les actes de violences urbaines. Quelle image transmettent-elles ? Les lycées doivent demeurer un sanctuaire du savoir, du dialogue et de la sécurité. Rien ne peut justifier la violence ou l’atteinte aux biens. Nous pensons également à la majorité silencieuse qui n’est pas dans la rue et qui souhaite simplement apprendre” dit-il au moment où un groupe de jeunes placé dans le public quitte bruyamment la salle de l’Hôtel de Ville pour marquer un désaccord. 

L’élue de la liste RN-UDR Céline Ballesteros a été dans le même sens que Brice Droineau, souhaitant que le gouvernement écoute les revendications de la jeunesse, “mais est-ce que pour ça on doit casser, piller ? Je ne le pense pas.” “On ne dissout pas ceux avec qui on n’est pas d’accord. Il faut prendre soin de sa jeunesse, l’écouter et ne pas rester silencieux quand on l’agresse” a commenté pour sa part l’élu Insoumis Enzo Cassereau. 

Enfin, parmi les autres prises de parole, notons celle de Loïc Guilpain (Renaissance) qui a fustigé un manque de moyens mis par la région Centre-Val de Loire vers les lycées : “8 500€ par lycéen contre 19 651€ en région Sud”, sous-entendant donc que la gauche au pouvoir localement est responsable en partie de l’état des locaux dénoncé par les élèves; 

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