L’affaire avait fait grand bruit au sein de la prestigieuse fac de médecine de Tours. Sous couvert de soirées organisées par des associations étudiantes, il y a eu des bizutages. Des élèves ont subi des actes dégradants particulièrement lors de 4 soirées entre octobre 2023 et fin 2024 (sachant qu’il y a en moyenne une dizaine de soirées étudiantes officielles par an à la fac de médecine).
« De nombreux éléments du rapport sont édifiants, choquants, douloureux » avait déclaré le président de l’Université évoquant « des actes dégradants, des consommations excessives d’alcool au-delà de ce qu’on pouvait imaginer » ou encore des étudiantes « forcées de faire un strip tease intégral ou de montrer leurs seins ». Le déploiement d’une banderole sexiste avait également fait scandale sur Internet et dans la presse.
Suite au rapport de ces faits, une enquête pénale a été ouverte et, en parallèle, l’Université de Tours a ouvert une enquête interne en vue de sanctions disciplinaires. Les investigations ont pris du temps mais leurs résultats ont été communiqués ce lundi 30 mars aux jeunes concernés.
Les sanctions sont conséquentes allant d’une exclusion de 6 mois avec sursis à une exclusion de 2 ans dont un an ferme (donc impossible de suivre les cours pendant une année entière). 11 des 16 jeunes impliqués écopent ainsi d’exclusions fermes, et les 5 autres de sursis simples. « Ces décisions s’inscrivent dans une démarche de fermeté et de pédagogie, visant à garantir le respect des règles et le bien-être de tous les membres de la communauté universitaire » justifie la direction.
« Ces sanctions illustrent notre détermination à lutter contre toute forme de violence ou de comportement dégradant au sein de notre établissement » déclare Philippe Roingeard. « Les sanctions prononcées reconnaissent cette gravité tout en laissant place à une prise de conscience individuelle et collective » ajoute la présidente de la section disciplinaire Sabine Barrat.
L’affaire avait également incité l’Université de Tours à mettre place un vaste plan pour éviter la répétition de ce genre de dérives, notamment en renforçant le contrôle des associations étudiantes et en suspendant temporairement les soirées. L’Association des Carabins de Tours, principale visée, a elle été dissoute.
