Violences sexistes et sexuelles au travail : un chiffre « préoccupant » en Centre-Val de Loire

C’est une étude très fouillée de près de 80 pages. Très instructive. Le laboratoire Valorem de l’Université de Tours vient de publier un rapport sur l’état de santé des femmes au travail en Centre-Val de Loire. Son travail se base sur l’analyse de plus de 1 100 questionnaires de salariées, mais aussi des entreprises ou institutions publiques qui les emploient.

Ce qu’on constate d’abord, c’est que les femmes jugent que leurs conditions de travail sont satisfaisantes : 55% les trouvent plutôt bonnes, 15% les qualifient même de très bonnes (ça grimpe à 18% dans le secteur privé). Par ailleurs, 77% des répondantes se disent globalement en bonne santé. En revanche, 16% des employées du secteur public estiment que leur état de santé n’est pas bon, le double de ce qu’on observe dans le secteur associatif. Et ce sont les employées qui ont le plus de difficultés, les cadres qui en ont le moins.

Le document va plus loin en interrogeant les femmes sur leurs soucis de santé : 40% souffrent de troubles physiques, 22% de troubles psychologiques… mais surtout, une femme sur 3 estiment que ces soucis sont en partie lié à leur travail, 6% assurent que c’est directement lié à leur emploi. Et les soucis ne s’arrêtent pas là : 12% disent avoir subi des pressions liées à leur état de santé, 9% assurent avoir été sanctionnées à cause de leurs difficultés. Les règles font partie des problématiques.

Si ces chiffres ne concernent pas une majorité des femmes, ils sont tout de même significatifs. Ainsi, une travailleuse sur 4 dit souffrir des effets négatifs du management. Et si un quart des femmes estime que le travail a un effet positif dans leur vie privé, la même proportion évoque des conséquences négatives sur leur temps personnel.

« Dans notre étude, les femmes actives ont notamment exprimé une fatigue persistante et des troubles du sommeil, symptômes qui sont connus pour avoir des effets forts sur la santé mentale. Cela peut se traduire par du stress, de l’épuisement ou des états proches du burn-out » souligne le rapport. Et le télétravail n’est pas forcément la solution miracle : « Travailler à domicile peut aussi signifier devoir simultanément s’occuper des enfants ou des tâches familiales, ce qui illustre que les frontières entre vie privée et vie professionnelle restent difficiles à séparer. »

Dernière chose, et non des moindres, 4,65% des femmes déclarent avoir été victimes d’une ou plusieurs violences sexistes et sexuelles sur leur lieu de travail. Ne pas croire que ce chiffre est faible. Il est même « préoccupant » selon l’Université de Tours car il ne concerne que les 12 derniers mois précédent l’enquête, et aussi il est nettement supérieur à la moyenne nationale qui est de 3,8%.

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